30.03.2008

Les peuples se réveillent toujours.

En mille huit cent vingts, le salaire journalier d'une ouvrière, lui permet seulement d'acheter deux kilos de pain. Dans une famille de trois enfants, les dépenses d'alimentation représentaient soixante et dix pour-cent du budget, le pain représentant à lui seul entre trente et cinquante pour-cent.

En mille huit cent trente, le chef d'atelier, dans un centre textile de Lyon, reçoit à la fin d'une journée de 15 heures, la somme de trois francs. A charge pour lui de payer chaque compagnon 30 sous et chaque ouvrière 10 sous. Le pain vaut alors 8 sous le kg. On comprend donc la valeur symbolique du pain.

Chaque fois que nous achetons un vêtement "made in China" ou fabriqué en d'autres pays du Tiers-Monde, nous ne nous rendons pas compte que c'est comme si nous cautionnions la société de nos arrière-grands- parents. Notre consommation, notre luxe à bon marché, notre prospérité commerciale, se fondent sur le travail payé au rabais de la classe ouvrière des pays émergents. Il y a là une sorte d'exploitation rampante qui fait la fortune des financiers tout en assurant notre bien-être. Certaines firmes se donnent bonne conscience en refusant l'achat d'articles fabriqués par les enfants-ouvriers. Est-ce là la solution radicale, alors que c'est tout le système qu'il faudrait changer? Vaste utopie!

Mais les choses sont en train de changer. Il y a toujours, parmi ces travailleurs sous-payés, quelques éléments à la fois plus lucides et plus courageux qui parviennent à persuader les autres.

Ainsi les ouvriers roumains de chez DACIA refusent de nous livrer des Logan à 8000 € pour un salaire mensuel de 350 €. Ils veulent plus. Afin que nul ne l'ignore, ils arrêtent les chaînes de fabrication et, malgré les menaces de délocalisation, restent les bras croisés. A mon avis ce mouvement n'est pas près de s'arrêter; il pourrait gagner d'autres pays. Un livre semble-t-il, reste à écrire. Il pourrait s'intituler tout naturellement: "Quand la Chine s'éveillera ...socialement"