28 avril 2008
Les fauves doivent rester en cage.
Le crime sexuel est, de tous, le plus révoltant, d’autant que ce sont souvent les enfants ou les jeunes filles qui en sont les victimes. Ces crimes odieux sont le fait d’individus malades, souffrant probablement d’anomalies cérébrales, et qui se comportent comme des fauves chasseurs de gibier. On ne peut pas dire que ce phénomène soit le fait des temps modernes. Gilles de Rais est resté dans l’histoire le plus célèbre de ces atroces pervers. Il faut donc admettre qu’une infime partie de notre société comporte des éléments pourris. La psychiatrie, dans l’état actuel de ses connaissances, ne sait pas tous les guérir , encore moins les détecter. Quant à la loi, elle fait ce pour quoi elle est conçue, elle punit. Elle punit sévèrement mais elle est impuissante face aux récidives. Or la caractéristique du criminel sexuel est que, par nature, il est majoritairement exposé à la récidive. Le meurtre de la malheureuse étudiante suédoise vient nous le rappeler.
Soustraire à jamais ces individus afin qu’ils ne puissent plus se livrer à de nouveaux actes abominables : je suis pour. Il est inutile de relâcher des monstres en puissance si l’on n’est pas persuadé qu’ils sont susceptibles de s’amender, à fortiori de se reconstruire. La tentative du gouvernement français de trouver la solution à ce grave problème est louable, mais elle est maladroite, car elle comporte dans son principe une entorse grave au droit républicain. Car si l’on peut punir un homme pour ce qu’il a fait, on ne peut le condamner une nouvelle fois pour ce qu’il est, ni non plus pour ce qu’il risque de faire. Une fois sa peine purgée, il faut donc lui rendre sa liberté. Tel le veut la loi qui se fonde sur la chose jugée et sur le respect du citoyen, même si ce dernier est méprisable.
A mon humble avis, il faut chercher dans une autre direction.
Sans être juriste, j’observe, par delà l’émotion suscitée, mais fugitive, que la différence que nous faisons entre le crime crapuleux et le crime sexuel, n’est pas, à quelques nuances près, très importante et qu’il n’y a guère de différence dans la façon de les juger. Les circonstances aggravantes n’y changent rien. Il suffirait, me semble-t-il, pour aller dans le sens du gouvernement, de requalifier le crime sexuel afin de lui donner un caractère de gravité spécifique et de l’assortir de la perpétuité, au sens étymologique du mot.
Tout criminel sexuel avéré serait alors assuré de finir ses jours en prison dans la plupart des cas. On ne lui laisserait qu’une petite fenêtre ouverte. Au bout de trente années, la possibilité d’apporter la preuve, devant une commission d’experts aux critères particulièrement draconiens, qu’il est définitivement débarrassé de ses pulsions.
Ainsi, pour le détenu, la perspective de sa libération ne serait pas un droit automatique, mais un acquis, obtenu après s’être prêté à des soins intensifs dont les résultats probants ne seraient plus contestables.
16:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crime, sexuel, perpétuité, détenu, soins, libération, pulsions


