31 mars 2008

Le bal de dupes.

« Je suis scandalisée qu’on puisse envisager de donner la mort à cette femme parce qu’elle souffre et qu’elle est difforme »
La dame patronnesse qui s’exprime ainsi n’est pas n’importe qui. Elle est ministre du logement et siège paraît-il à Rome, dans une commission chargée de conseiller le pape. L’ennui avec l’Eglise, c’est qu’elle possède des gens d’exception tels que l’abbé Pierre ou sœur Emmanuelle qui vous donnent envie d’adhérer à ses valeurs mais qu’à contrario elle est dirigée par des gens dogmatiques, rétrogrades, qui ne voient pas les réalités humaines.
On pourrait dire la même chose des gens bordés d’hermine qui président la Justice, mais eux au moins ont la pudeur de se taire.
C’est l’influence de ce petit monde conservateur qui guide nos destinées. Aussi ne cherchez pas ailleurs les raisons de la scandaleuse (mais non surprenante) autopsie pratiquée sur la dépouille de Chantal Sébire. Tous ces gens importants, détenteurs de la morale et de la vérité ont été bernés : bernés par une petite enseignante au courage extraordinaire, bernés par une association de gens courageux, bernés par le soutien de l’opinion publique. Il y a outrage à la loi, outrage aux bonnes mœurs fondamentalistes. De quoi faire pâlir toutes les rosettes qui fleurissent aux revers des vestons. Alors il faut savoir qui a osé défier les autorités.
Oseront-ils de leur côté prononcer des mises en examens pour désigner des coupables ? S’ils le font, ils courent le risque d’étaler un peu plus leur hypocrisie, de réveiller le monde politique qui, l’émotion passée, s’est à nouveau rendormi. Le combat de Chantal mériterait que le débat soit relancé, mais à mon avis, ils n’oseront pas montrer du doigt les insoumis.