01 juin 2008
Vierge ou pas vierge? Telle est la question!
Il faut se méfier des mots, de leurs significations, de leurs nuances. Sortis de leur contextes, ils sont comme des bouts de phrases isolées du texte, ils peuvent vous faire pendre un homme.
On le voit bien à propos de la décision d’un tribunal d’annuler un mariage. La polémique qui se développe tourne finalement autour d’un mot : « virginité », et d’un raccourci : « le mariage a été annulé parce que la jeune épousée n’était pas vierge .»
Puisqu’il s’agit du milieu musulman, que je respecte et où j’ai des amis, se demande-t-on, avant de prendre position, quels sont les motifs qui ont poussé les deux jeunes gens à ce mariage, et dans quelles conditions, il a été décidé ? Se demande-t-on davantage, s’il a eu pour motif un sentiment profond et réciproquement partagé ? Peut-on aussi tenir pour négligeable l’attitude d’un époux qui, se rendant compte qu’il n’a pas été le « premier », répudie son épouse aussitôt après les noces ?
Cherche-t-on à imaginer le climat qui règnerait à l’intérieur d’un tel couple si on le forçait, par voie judiciaire, à une communauté de vie, en attendant la procédure d’un divorce conflictuel ?
Est-on bien sûr enfin que cette décision, certes surprenante, plaide en défaveur de la jeune femme ?
On peut supposer raisonnablement que le juge avait à sa disposition, en plus du Code civil, des éléments humains que nous ignorons, et qui l’ont poussé à prendre cette décision qui révolte les bien-pensants.
Les mêmes qui font semblant d’ignorer les atermoiements de la justice, sa partialité, sa
complaisance, quand il s’agit d’hommes politiques importants, sont prêts aujourd’hui à la dénigrer à cause d’un seul mot.
On peut critiquer Rachida Dati pour la politique musclée qu’elle conduit, les deux camps d’ailleurs ne s’en privent pas, mais on doit saluer son courage dans cette affaire. De par ses origines, elle sait probablement mieux que quiconque de quoi il retourne.
Nous n’avons d’ailleurs pas tellement à donner des leçons, nous « les vieilles souches ». J’ai le souvenir d’une époque pas si lointaine où, dans les milieux bourgeois et dans le milieu rural on tenait les filles soumises sous le boisseau pour les guider à l’occasion vers ce qu’on appelait alors « un bon parti ». Tant pis si elles n’étaient pas heureuses puisque l’essentiel était l’addition des biens des deux familles. Pour comble de bonheur, on n’avait pas de souci avec la justice, le divorce était infamant et la majorité des juges était du côté des hypocrites.
11:50 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vierge, virginité, judiciaire, divorce, annulation, mariage


