MXX37
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

10 janvier 2015

Je suis Hypocrisie!

François Hollande est aujourd’hui le seul homme d’Etat européen au pouvoir et peut-être le seul au monde, à avoir pris la juste mesure de la lutte contre les islamistes. En tout cas c’est celui qui s’y est le plus engagé avec la détermination que l’on sait. Et il est bien seul.

Chacun sait que la source de l’intégrisme n’est pas en France  mais dans les pays en déshérence où n’existe aucune structure étatique : ni police, ni armée, ni corps administratifs, dignes de  ce nom.

En Syrie, en Libye, au Mali, au Yémen…etc, le djihad est comme un poisson dans l’eau, libre de former ses soldats de la haine, de recevoir et de conditionner à la folie meurtrière des recrues de toutes nationalités.

Le Mali  serait en 2015 une bombe, un réservoir de fous, si François Hollande n’avait pris la décision courageuse (et politiquement risquée) d’intervenir pour sauver un peuple de la charia.

Où sont, depuis, les dirigeants des états européens qui lui avaient promis solidarité, aide et logistique, où est l’Amérique d’Obama?

Un contingent européen de 300 hommes au moins devait se joindre aux forces françaises, un minimum assurément. Ce contingent n’est jamais arrivé à destination, et pour cause, puisqu’il n’est jamais parti. Nos alliés avec Angéla Merkel et David Cameron en tête, nous ont bel et bien laissé tomber, nous laissant sans sourciller courir le risque d’un enlisement dans les sables et compter malheureusement nos morts.

En 2013, un conflit en Syrie s’envenime. Bachar el-Assad riposte avec la dernière des violences, n’hésitant pas à employer les gaz interdits par toutes les conventions. Mort, désolation, torture. Au cours d’une déclaration solennelle, le Président de la République Française se déclare prêt à intervenir aux côtés des Américains pour chasser le dictateur. Mais Obama, à contrario des assurances qu’il avait données, baisse la garde, se tait, recule. Ravalant le camouflet, Hollande renonce. Le résultat est immédiat : alors que le conflit s’éternise dans les horreurs, les islamistes, se riant des frappes aériennes, s’enrôlent en masse, prenant quasiment le contrôle de l’insurrection. Impossible désormais de faire quoi que ce soit pour aider un peuple martyrisé de tous côtés.

Aujourd’hui Obama en est à rechercher une solution pour, tenez vous bien… soutenir le dictateur sanguinaire Bachar el- Assad afin de contrer des islamistes armés jusqu’aux dents, si forts qu’ils aspirent à former un état. Bravo ! Belle lutte ! Brillantissime réussite ! Fermez le ban ! Voilà une politique étrangère pleine de fraîcheur et digne d’un prix Nobel.

En plein vœux de Nouvel An, la France paie son engagement, elle est touchée en plein cœur dans ce qu’elle a de plus cher : la liberté d’expression. L’effet de souffle est tel que les Etats voisins frémissent et que là-bas, aux confins de l’Océan, les tours de Manhattan tremblent d’un mauvais souvenir ravivé.

Ah ! la France de Lafayette ! Une amie historique ! Une indéfectible alliée. Elle peut compter sur notre soutien. Ah ! cher François ! comment ne pas être de tout cœur avec le peuple français ! Que de soutien ! Que de soutien ! On en sangloterait !

Au bal des hypocrites les signatures de condoléances et les larmes de crocodiles ne coûtent pas cher. Fi de leur compassion, ils devraient avoir honte !

Quand à moi je préfère mille fois notre François, brocardé, moqué, caricaturé, sifflé, vilipendé, mouillé comme un canard, à une Angéla superbe et triomphante dont le sourire ne se départit pas d’un zeste de froideur.

Au moins ce François-là, si malmené par Charlie-Hebdo, peut dire sans baisser la tête: « Je suis Charlie !»

23 janvier 2013

Au Mali...malin et demi.

On ne sait pas si la guerre engagée par Hollande au Mali contre les Islamistes sera où non un ensablement (j’allais dire un bourbier). Elle a au moins le mérite d’être claire, dans ses causes comme dans ses objectifs. Il est évident que si personne ne fait rien contre ce fléau venu d’un autre âge, on risque de sérieux ennuis  et à l’extrême une série de 11 septembre.

Il est non moins évident qu’une fois les opérations classiques de reconquête terminées, on va entrer dans une phase de guérilla, bien plus délicate et meurtrière. Sauf qu’une guérilla contre une armée organisée telle que la nôtre ne peut réussir qu’avec la complicité d’une population hostile. Ce qui n’est pas le cas ici.

Chaque gouvernement politique de par le monde ayant ses gaffeurs, l’équipe d’Obama n’a pas échappé à la règle. Une diplomate américaine de haut vol en a faite une de grande envergure. Elle a déclaré finement que la stratégie française de reconquête du Mali était « de la merde ». Depuis on lui a cloué le bec de peur que toute la presse française ne souligne bruyamment l’énorme bévue commise par l’administration américaine, précisément … au Mali.

Voici 5 ans, comme les Islamistes menacent d’envahir le Mali, il vient une idée géniale à l’équipe de Bush. Enrôler et former sur place un contingent de jeunes Maliens que l’on lancera à l’assaut des suppôts du diable.

Qui se présente au recrutement ? Des jeunes gens sans barbe, bien sous tous rapports, on ne peut plus dévoués à la croisade.

On les embauche, on les habille, on les paye, on les fait si bien manœuvrer qu’ils finissent par devenir des unités d’élite. Voilà du bon boulot !

Un beau soir pourtant, par une nuit de poétique pleine lune, 3 unités d’élite sur quatre munies d’armes, de bagages, de véhicules ultra modernes made in USA, quittent le campement et au non d’Allah, passent dans l’autre camp.

Depuis elles nous retournent les pruneaux.

Je serai plus diplomate que la lady américaine. Cette stratégie là, c’est de la confiture…ou plutôt Non !...de la déconfiture.

27 octobre 2011

Tous à Poitiers?...

Les prévisionnistes de malheur et autre Cassandre ont le sourire. Cela fait des mois qu’ils nous le prédisent, le retour en force des Islamistes. C’est désormais fait en Tunisie, en attendant l’Egypte et la Libye. Et le pire…et le plus « inquiétant ! » constatent-ils, c’est que les Tunisiens résidant en France ont majoritairement voté pour le parti Ennahda.

Il n’y a plus, si on les écoutait, qu’à aligner une armée de défense sur les hauteurs de Poitiers.

Au lieu de verser de l’eau au moulin des outrances du Front National, réfléchissons un peu et tentons d’analyser sainement la situation.

Nous voilà encore une fois pris en faute de vouloir plaquer notre modèle hérité de 1789 et de nous obstiner à l’imposer chez les autres. Chez nous, l’état de nos prisons, les abus du sarkozysme, les manifestations devant un théâtre parisien de quelques intégristes catholiques, devraient nous inciter à plus de modestie et de circonspection.

Le mot de « Révolution » arabe a été improprement employé puisqu’il s’agit plutôt d’une Libération. Que cette libération a été menée par des intellectuels et des bourgeois avec la bienveillance et finalement la complicité des Américains. Et même si la vie politique et les institutions des pays arabes sont à reconstruire, une Révolution au sens propre du terme irait beaucoup plus loin dans les changements de société. Ce qui, étant donné la situation de ces économies pillées et dévastées par des décennies de dictatures, serait une folie qui mènerait fatalement à la guerre civile. On peut comprendre donc que par sagesse, les électeurs tunisiens aient souhaité s’appuyer sur des bases traditionnelles. Et c’est l’Islam  dit modéré qui, en offrant un large consensus, peut garantir le peuple de ses divisions.

Est-ce à dire qu’il n’y a aucun danger, surtout pour la condition féminine ? Bien sûr il y a un danger. Et celui-ci doit être pris au sérieux. En Tunisie L’Ennahda a beau se présenter sous les jours de l’Islam modéré, comme dans tout parti  il ne pourra échapper à l’influence de ses extrémistes, de ses fanatiques. Ou bien il les cantonne dans une minorité paralysée ou bien il se laisse déborder par eux et alors le pire est à venir. Mais cette hypothèse me semble peu probable.

D’ailleurs Ennahda n’obtient pas la majorité absolue. On ne gouverne pas avec 40% et le parti de la gauche nationaliste pressenti pour former une coalition a bien l’intention de défendre les libertés acquises sous Bourguiba. C’est du moins ce que son leader a déclaré avec force. N’oublions pas non plus qu’il s’agit d’une assemblée constituante chargée de rédiger la  constitution du pays, et que le gouvernement n’est que provisoire. Notons au passage qu’au poste de premier ministre l’ Ennahda propose Hamadi Jebali 62 ans, ingénieur de formation, ancien journaliste qui a passé 16 ans en prison dont 10 en isolement total. Un esprit éclairé, semble-t-il, qui devra user de compromis pour maintenir de bons équilibres.

Car la Tunisie ne peut se permettre de se renfermer dans une société moyenâgeuse sous peine de retourner à une situation pire que sous Ben Ali.  Elle a trop besoin de peupler ses plages, de remplir ses hôtels de luxe, de relancer sa machine économique grâce aux aides extérieures. Il ne peut y avoir d’un côté des baigneuses à demi nues allongées sur sable et de l’autre les femmes tunisiennes voilées déambulant dans les rues. Le mondialisme est à ses portes, la Méditerranée est étroite et la bourgeoisie locale désormais libérée des exigences du clan Ben Ali a trop de hâte à se lancer dans les profits. Quant au menu peuple, il n’attendra pas longtemps dans la misère et le chômage. Trop de portes sont restées ouvertes pour se refermer jamais.

Après tout, il y a un précédent. Bien loin d’être parfait au plan du respect des libertés individuelles, le gouvernement islamiste turc ne gère pas si mal que ça ses affaires et bien des pays seraient heureux d’afficher la croissance que sa politique a impulsée.

Alors, laissons Charles Martel dormir en paix !