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15 avril 2017

L'habitude de la corruption.

L’habitude de la corruption, comme toutes les habitudes, finit par la rendre naturelle.

Le plus grave n’est pas que l’homme politique monte un système pour puiser dans l’argent public, mais qu’il trouve cela naturel, comme s’il s’agissait d’un privilège de classe.

On le voit à la réaction qu’il a lorsque la presse porte son affaire devant l’opinion publique. Il prend cela pour une agression, une manœuvre dilatoire. On a même utilisé le terme d’assassinat politique, comme si la manifestation d’une certaine vérité était un crime.

Peu importe que ce soit honteux, puisque c’est légal.

Sauf que si on ne veut pas être couvert de boue (on pourrait employer un mot plus fort), il ne faut pas la fabriquer.

Voilà dans quel constat se trouve le corps électoral déboussolé de cette extraordinaire campagne électorale 2017 .

Il a le choix de voter pour au moins deux candidats enfoncés jusqu’au cou, en se pinçant le nez ou se tourner vers d’autres choix qui peuvent paraître hasardeux.

Mélenchon est un tribun rompu aux effets de manches qui propose des solutions radicales pour faire table rase d’un régime à bout de souffle. Cela peut paraître séduisant.

Hamon a gagné les primaires en proposant le « revenu universel ». C’est une idée généreuse qui probablement va faire son chemin. Mais elle arrive trop tôt. Ni la mentalité du pays, ni surtout ses finances ne se prêtent à sa réalisation.

Est-ce bien sage de voter pour eux ?

Le premier, s’il veut tenir parole doit chercher d’urgence cent quarante milliards. Le second est devant un gouffre de quatre cents milliards. Une paille de glaneuse.

La France qui sort d’une crise financière d’une extrême gravité et d’une gestion depuis plus de vingt ans à la petite semaine (sauf finalement, en partie, celle de Hollande dont on reconnaîtra un jour l’efficacité et le courage) n’a pas les moyens de se payer un chamboulement. Sa priorité est de reconstruire son économie et de trouver du travail à tout le monde.

La grand Révolution, celle de 1789, a été possible, parce que le pays était très riche. Les historiens ne le disent pas assez parce que cette richesse était mal répartie. Une révolution n’est pas envisageable aujourd’hui.

Alors pour qui voter ?

Je vous propose comme moi de laisser les idées de côté. Je vote contre mes idées, mais je vote utile.

Un homme jeune paraît vouloir changer les mœurs, les pratiques, les méthodes, d’une classe politique terne qui une fois les élections passées s’endort dans des fauteuils de notables en oubliant les promesses faites la main sur le cœur. Ouvrons la fenêtre pour respirer de l’air pur !

Faisons le pari de Pascal. Donnons la chance à cet homme. Donnons-nous une chance, enfin !

Je voterai sans hésiter, Emmanuel Macron.

07 décembre 2016

Préparation d'une vengeance primaire.

En politique il ne faut jamais se montrer boulimique, encore moins impatient. Valls va payer très cher d’avoir bousculé le Président de la République. A tort ou à raison il passe pour celui qui l’a acculé dans ses derniers retranchement et finalement obligé à jeter l’éponge. De plus, par ses manœuvres intempestives, il se voit reprocher d’avoir ouvert une crise grave et sans précédent dans le fonctionnement de l’exécutif. Ce qui n’est vraiment pas très opportun en cette période de lourde menace terroriste.
Le dernier carré des « hollandais » ne le lui pardonnera jamais.
Quand on lui demande à qui il va apporter son soutien, lors des primaires, le regard de Stéphane Le Foll l’ami de toujours du Président, change de couleur. C’est mauvais signe comme un nuage d’orage.
A côté de Valls, Macron l’étourdi, l’adolescent politique, dont on pardonnerait presque l’inexpérience, peut passer pour un aimable transfuge.
Pierre Moscovici, commissaire européen, le plus incisif de tous, s’écrie lors d’un repas, entre la poire et le fromage :
« Ce n’est pas celui qui a tué Hollande qui peut aujourd’hui espérer l’emporter à la primaire, à la présidentielle, ou par la suite ! »
Ya comme qui dirait du détective Hercule Poirot ou du lieutenant Colombo dans l’air. M’est avis qu’on a trouvé l’assassin.
Admirez l’amabilité de longue haleine: « ou par la suite… » Voilà un homme qui voit loin.
Ça sent follement l’électricité du coup de foudre. Valls va devoir éviter de passer sous les arbres et se munir d’un large parapluie.
L’éclaircie, le coin de ciel bleu, pour lui, ce n’est pas pour demain.
Et s’il est jugé sévèrement, on sent bien qu’il n’aura pas droit à une peine aménagée.

04 décembre 2016

Ce qu'ils n'auraient pas dû dire.

Ils ont beau avoir le cuir tanné, rompu qu’ils étaient au monde impitoyable dans lequel ils ont évolué si longtemps, le départ des vieux routiers de la politique a quelque chose de pathétique. Juppé part sur un dernier discours, la voix cassée par l’émotion ; Sarkozy malgré ses rodomontades et ses mimiques, part comme un chien battu avec un faux panache. Si on peut avoir quelque sympathie pour le premier, on peut se dire que le second n’a vraiment que ce qu’il mérite. Car c’est une chose que d’être battu par les électeurs et autre chose que d’être congédié par ses propres amis quand on a gouverné la France sans partage pendant cinq ans. Le départ de Hollande après presque cinq années d’épreuves, pour ne pas dire de calvaire, auquel seul un homme de sa trempe peut résister, me semble plus intéressant à analyser. Il est des bonne âmes un peu partout : à droite, ce qui est normal ; à gauche, ce qui l’est moins, pour crier à tous les vents que ce quinquennat fut un échec. Et d’imputer cet échec à un seul homme : François Hollande. Ceux du PS qu’on nomme les frondeurs devraient avoir honte de se décharger ainsi sur une tête de turc, le plus souvent dans le but inavoué de sauver leur mandat. Car la responsabilité de ce soi-disant échec est collective et, plus que Hollande lui-même, ils en ont une large part. Qu’a fait François Mitterrand avant d’accéder à la mandature suprême : il a fait travailler son parti. Maillage du pays par des amis influents, mise en place d’équipes dynamiques, stratégie d’union de la gauche, brassage des idées, programme, recrutement de collaborateurs jeunes et talentueux. En 1981 François Mitterrand était prêt à 100% à exercer sa fonction. Qu’a fait le PS, sous Chirac et Sarkozy, c'est-à-dire tout le temps qu’il est resté dans l’opposition ? A-t-il réfléchi, s’est-il fixé un cap, a-t-il préparé son leader à accèder au difficile exercice du pouvoir ? Rien, absolument rien. Pire, l’homme le plus moqué ( Flanby…Pépère… M. Synthèse) souvent le plus méprisé, a été sans état d’âme envoyé au casse-pipe. Je caricaturerai à peine si je dis que pendant tout ce temps, les barons du PS, au lieu de travailler, se sont surtout occupés de manœuvres internes destinées à asseoir leur influence et si possible leur ambition. Hollande n’a donc pas été élu sur le programme de son parti mais sur le rejet de Sarkozy. C’est là son drame, car il est arrivé à L’Elysée sans expérience, autant dire sans munition. Aujourd’hui, les frondeurs, bonnes âmes de gauche, ceux-là mêmes qui ont roupillé si longtemps, feignent de nous faire croire que le discours du Bourget était un programme de gouvernement. Même s’il ne fut pas très heureux, ce discours reste un discours de meeting où le verbe n’a qu’une valeur émotionnelle. Non, ils n’auraient pas dû dire que Hollande avait trahi. Les traitres sont ceux qui, après avoir failli, après l’avoir pris pour Bouc émissaire, l’ont finalement lâché. Maintenant que Hollande n’est plus un obstacle pour eux, plus un bouclier surtout, on va bien voir s’ils sont capables de s’unir sur des idées et sur un programme afin de retrouver le chemin de leur mission, ( je n’oserai dire de leur honneur) qui est celle de défendre le peuple suivant les principes d’égalité et de justice.