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04 mars 2017

La planète des singes.

Voici quelques semaines, le Canard enchaîné, au lieu de pondre un œuf pondait « une boule puante » à propos d’un candidat à la Présidence de la République, qualifié de favori.

François Fillon qui se présente avec un programme dur mais surtout comme un homme irréprochable est pris en flagrant défaut, la main dans le pot de confiture.

Sa femme et ses deux enfants embauchés quoique tout à fait légalement, mais pour un salaire faramineux, ça ne fait pas très net et au plan de la morale, c’est tout à fait catastrophique.

Hélas, pour la régularité de la chose, la pauvre Pénélope défaisait le soir ce qu’elle avait tricoté dans la journée ce qui fait qu’il ne reste plus grand-chose de son ouvrage. Et là, c’est grave, car on tombe si c’est prouvé, dans le délit d’emploi fictif.

Aussitôt attaqué, aussitôt défendu. Tous les pontes de la droite se mobilisent comme un seul homme pour soutenir leur candidat. C’est à qui grimpera aux rideaux le premier. Les chaînes de télés sont envahies par des gens outrés, par des gens scandalisés qui viennent chanter les louanges de leur champion. Et d’attaquer, et d’accuser à leur tour, peu importe que ce soit sans preuve.

Il y aurait, non ! il y a, un cabinet noir à l’Elysée, qui pilote, qui pilonne. Des fonctionnaires serviles, des juges le doigt sur la couture du pantalon, œuvrent à détruire le candidat rival dans la pénombre de quelques caves entre des cageots pourris et le va et vient des rats. Des juges de gauche s’emploient à coups de balances de la justice à mettre à bas le « meilleur d’entre nous ». Un vrai festival de langue de bois. Un sujet incontournable de comédie de Charlot.

Les défenseurs zélés de Fillon sont-ils sincères ? La suite va prouver le contraire. Non ils ne le sont pas. Ils savent que l’affaire est grave, mais ils ont l’intime conviction que le temps les protège : la justice est lente et puis il est de tradition (entendons nous bien, pas légal, mais de tradition…) qu’elle n’interviendra pas en période électorale. Le temps qu’elle se réveille, l’élection sera passée et Fillon sera au chaud. Alors ils y vont de bon cœur.

Ce qui est grave dans ce méli mélo de paroles insensées, c’est que tous ces politiques de haut rang ne voient pas qu’à travers un candidat trouble, ils défendent un système. Celui qui a tendance à placer les puissants au-dessus des lois.

Mais voici que soudain le feuilleton vire au vinaigre. Le vent tourne dans le mauvais sens.

Les sondages s’effondrent, le socle électoral se fissure. Les parlementaires se font malmener sur les marchés, et quelle horreur ! le « on ne votera pas pour lui » est complété par « on ne votera pas pour vous non plus. » Il y a de quoi refroidir les enthousiasmes.

Là-dessus la justice qu’on croyait tortue endormie, se met à débouler pire qu’un lièvre. Conclusion : mise en examen !

C’est la panique à bord. Avec un bel ensemble les girouettes tournent. Il faut se débarrasser de Fillon. Vite ! trouvons la bonne raison pour l’éjecter.

Il aurait, sous réserve de la présomption d’innocence, profité de plus de 500 000 Euros d’argent public. Mais ça ce n’est pas grave, on ne peut le condamner pour une peccadille. Par contre il a commis un crime de lèse République : il a failli à la parole donnée. Fillon, démission !

Grand Charles, au secours ! On n’est plus dans la France gaulliste, mais bien sur la planète des singes.

10 février 2017

Le contre-pouvoir

Chaque fois que Trump signe un décret, c’est une véritable mise en scène. Avec orgueil et suffisance, le nabab signe devant les caméras d’une écriture gigantesque comme un dieu tout puissant qui déciderait de la fin du monde.

Sauf que ce grand monsieur qui se prend pour le centre de l’univers, vient d’être ramené à sa juste taille par la justice de son pays qui vient d’envoyer à la poubelle son fameux décret interdisant l’accès des E.U. aux ressortissants de 7 pays musulmans. Il croit être le roi, un juge le descend du trône. C’est ça un contre-pouvoir dans une démocratie.

Deux contre-pouvoirs surveillent la démocratie : la presse indépendante qui dénonce les irrégularités du pouvoir, la justice qui les condamne. Sans ces deux piliers, pas de fonctionnement républicain possible.

On peut penser ce qu’on veut de l’affaire Fillon mais il est réconfortant de voir que la presse indépendante, comme dans d’autres cas, a joué le jeu pour mettre à jour des pratiques choquantes. Reste à la justice de jouer le sien.

Ce qui est inquiétant par contre, dans cette affaire, c’est l’attitude de soi-disant hommes d’états de haut rang, sinon de haut niveau, qui sont partis en guerre contre le devoir d’informer.

Au meeting de Fillon, chez Raffarin, les représentants de la presse ont été copieusement sifflés par des militants remontés par leurs discours vengeurs. Rien d’étonnant, on siffle le diable, les lanceurs de boules puantes, les officines à complots, les fouilleurs de poubelle. C’est bon quand on descend Cahuzac, mais touche pas à mon Fillon, car c’est toucher à mon poste, à mon siège de député, à mes ambitions ministérielles.

On a sifflé la presse, mais aussi à travers elle on a surtout sifflé la démocratie.

Des hommes qui se présentent comme d’authentiques démocrates, qui s’indignent qu’on puisse en douter, qui prétendent aux plus hautes fonctions de la République, n’hésitent pas à fouler aux pieds des principes pour lesquels tant d’autres hommes ont donné leur vie.

Quant à la justice, c’est la première fois que je vois des avocats entrer sans vergogne dans la campagne électorale au profit de leur client-candidat pour la dénigrer.

A plus forte raison, nous les électeurs, devons-nous nous mobiliser pour former le troisième contre-pouvoir qui jettera aux orties un microcosme politique de plus en plus corrompu.

31 janvier 2017

Des poules qui ont des dents.

On vante la vue perçante du vautour. Son odorat est peut-être meilleur. Il flaire à des kilomètres la proie blessée. Dimanche soir on a vu une tête, certes pas nouvelle, mais qu’on n’avait pas vue depuis longtemps : François Barouin. Il fait le service minimum. C’est le moins qu’il puisse faire. On sait que François Barouin, contre ses convictions, a rejoint Sarkozy avant les primaires uniquement par inimitié pour Fillon. Selon certaines rumeurs il ne pardonnerait pas à l’ancien premier ministre de l’avoir viré du gouvernement. Bref le François ne parle plus à François. Que venait-il faire alors au journal de vingt heures ? Montrer sa tête simplement. Se rappeler au bon souvenir de ses amis, montrer qu’il est solidaire de l’homme qui se noie et qu’il a chevillé au corps l’esprit de famille. On ne sait jamais ! La politique est cruelle, on le voit bien, et l’esprit de corps l’emporte sur les sentiments. Dans les coulisses du théâtre on doute déjà que Fillon puisse aller jusqu’au bout. Alors les conciliabules vont bon train pour lui trouver un remplaçant. La panique est totale. Juppé ? Juppé dans sa tasse de petit-lait leur a fait dire qu’il faudrait venir le chercher en tenue de bourgeois de Calais : la corde au cou. Mais Juppé a 70 ans. C’est papy gâteau à côté de Macron (38 ans) et de Hamon (39 ans) . C’est vrai que Barouin passe bien à la télé, qu’il a de la prestance…Et il fait jeune encore, malgré son expérience… Vous ne trouvez pas ? Comme dans le ciel d’un bon western, les vautours tournent avec patience, ou peut-être est-ce des poules qui ont des dents.