05.05.2008

un fascisme d'Etat

Il y a, de par le monde, un mouvement inquiétant, radical, immoral, qui laisse à penser que la solidarité entre les peuples, déjà mise à mal par les politiques des puissants, est en train de disparaître .
En effet, de plus en plus, les contrées riches veulent garder pour elles seules leur prospérité ; elles ne souhaitent plus prendre en charge une part de la pauvreté de leurs voisins, fussent-ils des compatriotes.
Les Tchèques se sont séparés des Slovènes, les Flamands ne veulent plus des Wallons, L’Italie du nord râle contre le Sud, et en Espagne la Catalogne semble en froid avec l’Andalousie. Hier enfin, la région de Santa Cruz, la plus riche de la Bolivie, vote à plus de quatre vingt pour cent (vingt cinq pour cent d’abstentions) le principe de son autonomie, rejetant un peu plus les pauvres dans leur ghetto.
Il ne s’agit plus, comme chez les Basques, de divisions historiques, mais de divisions économiques camouflées sous le nationalisme. Le « chacun pour soi » qui a contaminé les individus, se répand désormais dans les provinces, à l’intérieur d’un même Etat.
Alors que le bon sens devrait pousser les nations éparpillées à s’unir pour défendre les intérêts vitaux de la planète, voila qu’un mouvement incite les peuples à se barricader derrière leur frontière pour préserver leur niveau de vie. Cette politique à courte vue qui n’est pas autre chose qu’un fascisme d’état, se retournera à brève échéance, contre leurs auteurs. Masser des pauvres à sa frontière, c’est y masser des divisions du désespoir.
Raison de plus pour nous, d’encourager les efforts que l’Europe fait pour intégrer les pays en retard, et de fustiger la politique des Etats-Unis dont l’égoïsme aveugle favorise à contrario les divisions afin d’affaiblir les régimes qu’ils détestent.
Grossière erreur ! Les ventres creux n’ont pas d’oreilles ; ils n’ont pas de morale non plus ; ni de civilisation. Ils ne sont perméables qu’à la manipulation mentale des extrémistes. Contre ces derniers, les armes nucléaires sont un dispositif de défense inadapté. On l’a bien vu, un certain Onze Septembre.