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13 mars 2012

Si votre sondage ressemble à votre suffrage...

Ils ont failli sortir les drapeaux à leur fenêtre, les militants UMP tellement ils étaient heureux; en plein mois de mars il faisait beau comme pour un 14 juillet.

. Nicolas Sarkozy arrivait en tête au premier tour ! Le miracle s’accomplissait. La courbe tendancieuse s’était inversée : 28,5points pour Sarkozy, 27 points pour Hollande.

Mais rien n’y fait, l’éclaircie n’a durée que quelques heures. Patatras ! un sondage félon vient infirmer, et de quelle manière, le premier : 30 points pour Hollande, 26 pour Sarkozy.  On est presque pris de compassion pour ces pauvres militants qui n’arrêtent pas de croire à la lune.

Aussi,  pour leur éviter le désespoir atroce, le 6mai, mieux vaut les préparer en leur disant la vérité.

Dans mon blog précédent, si certains d’entre eux m’ont lu, j’annonçais que Nicolas serait battu. Mille excuses ! J’étais en dessous de la vérité, car c’est une raclée qu’il va prendre.

Depuis que la Vème république existe on n’a jamais vu un Président sortant être à la traine dans les sondages. Giscard qui fut pourtant battu en 1981 caracolait en tête tant qu’a duré la campagne et François Mitterrand en 1988 distançait son challenger de 13 points au moins dès le premier tour. Sarkozy, lui, a entre 8 et 14 points à rattraper pour l’emporter au second tour.

Mais laissons là la publication des intentions de vote et ses effets de balancier. Il y a des sondages moins  publiés mais à mon avis plus fiables qui disent tous le mécontentement de l’opinion. Ils traduisent tous le rejet du président sortant, son impopularité et le souhait de le voir battu.

Je ne serais pas étonné qu’une lame de fond, non prévue par les sondages, se prépare, qui emportera comme un fétu de paille, ce candidat mal aimé que la perspective d’un échec a transformé en charlatan.

                     Si votre sondage ressemble à votre suffrage,

                     Vous êtes le phénix des hôtes de ces voix.

                     A ces mots Sarkozy ne se sent plus de joie.

                                   Il ouvre trop son bec

                                  Laisse tomber sa proie.

                   Heureux La Fontaine qui vivait sous une monarchie absolue. Au moins était-il dispensé d’une campagne électorale avec un candidat vibrionnant,  affolé, qui tourne comme un derviche …tourneur en nous donnant le tournis.

 

03 mars 2012

Pas de chance et trop de mots.

Les jeux sont faits, la droite la plus bête du monde a choisi de miser sur son oiseau le plus déplumé, celui qui agite encore ses ailes et donne l’illusion, en brassant du vent, de produire du mouvement.

Elle suivra Sarkozy et non pas Bayrou. Elle n’a pas eu, elle n’aura plus, le réflexe intelligent qui pouvait la sauver. Ce sera la dernière victoire de Sarkozy d’avoir verrouillé les portes de son camp afin d’éviter la fuite de ses partisans.

Il y gagne quelques points dans les sondages, mais il y perd de son crédit à trop se réclamer du camp réactionnaire. Ainsi il apparaît chaque jour un peu plus le candidat des riches, le candidat d’une France maurassienne, à la limite intégriste, qui refuse, sous des prétextes essentiellement religieux, les réformesque notre société moderne attend.

Paradoxalement les quelques points qu’il glane ici où là à la faveur des défections, sont pour lui une mauvaise nouvelle, car ils signifient l’adhésion des voix les plus frileuses et les plus rétrogrades du corps électoral au détriment de celles qui se tournent vers l’avenir.

J’ose avancer que, sauf évènement exceptionnel, tel le déclanchement des hostilités entre l’Etat d’Israël et l’Iran qui provoquerait une panique dont il pourrait tirer profit, Sarkozy a perdu.

Il a perdu pour deux raisons : La première tient au manque de chance, la seconde au manque d’armes efficaces pour mener une campagne victorieuse.

La première raison, et là je risque de surprendre plus d’un lecteur, est que Sarkozy n’a pas en face de lui le candidat socialiste qu’il aurait pu battre malgré son bilan catastrophique. Il s’avère de plus en plus que le candidat socialiste le plus fragile et le plus susceptible d’être battu, mais sur un autre terrain, était bien DSK ; car plus qu’un adversaire, il représentait un véritable réservoir de scandales qu’on aurait pu faire exploser en pleine campagne électorale. Arrivée deux mois trop tôt avant les primaires, l’affaire du Carlton a, en quelque sorte, coupé l’herbe sous les pieds de la majorité.

La seconde raison est que, à moins de se faire mitrailler de tous les côtés, Nicolas Sarkozy ne peut présenter un bilan sincère et véritable. Il ne peut même plus présenter un programme structuré en liaison avec son bilan, sous peine de s’entendre rétorquer : « Pourquoi cela n’a pas été fait plus tôt ! »

Pour se battre, il ne lui reste que les mots. Les siens propres plus ou moins vides de sens, plus ou moins malheureux ou ceux de Guéant aux effets déplorables. Des mots auxquels personne ne croit plus par habitude. Il suffit de suivre un tantinet la campagne pour constater que, jusque là, elle ne se fait pas sur des idées mais sur des noms d’oiseaux.

Or, à ce jeu là, même dans un débat télévisé, Sarkozy ne peut inverser la tendance car il aura en face de lui un redoutable bretteur passé maître dans le maniement de l’ironie qui tue, qui montre une connaissance parfaite de ses dossiers et sait ménager plus que lui ses effets d’annonce.

De toute évidence François Hollande, non seulement a préparé sérieusement son programme, mais surtout il a minutieusement étudié son adversaire dont il connaît et exploite tous les défauts. Cela lui permet de se coller à lui au point de l’empêcher de respirer en plein milieu de la piste.

Brocardé pour sa mollesse, son irrésolution, Hollande sorti du bois est devenu un sujet coriace au coup de pédale meurtrier. Il peut même, en ne répondant pas aux propos excessif qui le visent,se payer le luxe de faire roue-libre sur son pédalo pendant que son adversaire s’agite et se noie.

22:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : campagne, droite, sarkozy, hollande, dsk

23 février 2012

Absolution...piège à cons!

 

Ce n’est plus une campagne électorale, c’est un vaste confessionnal où l’on n’arrête pas de demander « pardon ! » Absolution !

S’il vous reste un peu de sensibilité, un tantinet de charité, votez « mes chers compatriotes » pour un pauvre malheureux que le remord taraude, qui soupire de repentir à fendre l’âme, qui se perd en compassion pour tous ceux que sa politique a lésés.

« Le Fouquet’s, il regrette. Il n’ira plus  à ce restaurant. » C’est sûr qu’il y a bien mangé, mais ce sont les français depuis cinq ans qui ont l’arête en travers de  la gorge. Il est temps que leur digestion se termine.

Que le public comprenne et retienne cela : Il faut au moins cinq ans d’apprentissage pour devenir un bon Président. Cinq ans pendant lesquels on peut faire toutes les bêtises, accumuler toutes les erreurs, se comporter en grand adolescent ridicule qui a cassé tous ses jouets, prendre des décisions irréfléchies, contre nature, mentir par parole, par action et par « intention ».

Mais c’est en 2012 que tout commence. Vous-vous rendez compte de la bêtise vous feriez si vous mettiez un nouveau venu à la place de Nicolas. Vous devriez repartir pour cinq autres années d’apprentissage. On peut être sûr que les Français qui sont un peuple souverain, avisé, responsable, ne voudront pas cela.

Si vous saviez comme Nicolas regrette ! Sa mine de chien battu, ses yeux tristes où brillerait presque une larme, sa parole posée, pas du tout travaillée, son sourire d’enfant de chœur pas du tout étudié en se rasant devant sa glace. Tout chez lui témoigne du grand malheur qui pèse sur ses épaules et dont il ne demande qu’à être délivré.

« Ô bon peuple ! Pardonnes-lui car, il n’a jamais trop su ce qu’il faisait ! » Il était, le pauvre, en apprentissage. Délivre-le du tourment et montre-lui que tu le pardonnes…en votant pour lui. Un petit bout de papier glissé dans l’urne pour le délivrer, ce n’est quand même pas demander beaucoup pour le repos de ce pauvre  pêcheur.

Qui a dit : Absolution, piège à cons !

Allons, mesurez vos paroles. On le sent bien, il serait même prêt à avaler un baril d’Omo ou de Le Chat machine pour ressortir plus blanc que blanc. Surtout, qu’avant d’avoir fini sa confession, il multiplie ses actes de contrition. Fini les virées maritimes sur un beau yacht, il voyage désormais en pirogue ; fini le bel airbus qu’il s’est fait rafistoler pour promener nos trois couleurs, il voyage en métro. Tous les matins, comme un vulgaire rond de cuir il se rend à pied, par le Pont Mirabeau à son QG de campagne. Attention tout de même : «  Sous le Pont Mirabeau coule la Seine… »

Président des riches ! Oui, mais en apprentissage! Le nouveau coucou sorti du nid sera l’oiseau du peuple souverain avec un président qui tapera sur le ventre des ouvriers, (enfin ! s’il leur en reste)  et qui les interpellera grassement à la façon des forts des halles :

« Viens bouffer chez-moi, à l’Elysée, pauvre con ! »

Va savoir si, de toute cette honteuse comédie, sortira une France forte ou une France conne.