01 février 2008

Editeurs ou crocodiles

Editeurs ou crocodiles (Troisième partie.)


Le best-seller, type d'objet commercial par excellence, bénéficie d'un marketing particulièrement soigné: couverture attrayante, voire provocante, tirage important, battage médiatique le plus ample possible, invitation de l'auteur sur les plateaux littéraires, bref toute la panoplie qui vise à inonder le marché. L'investissement est important, mais le retour se chiffre au centuple; ça marche à tous les coups; ça marche tellement bien que dans un délai trés court on pourra recommencer avec un autre titre.

Car le best-seller, s'il se vend bien, n'a aucune valeur littéraire. Sa vie est de courte durée: c'est un livre jetable.

C'est ce qui explique que les "éditeurs-marchands" en quête de renouvellement, soient friands de tout ce qui peut offrir un sujet médiatique: vous avez, ou vous-vous êtes fait un nom célèbre dans l'actualité, vous avez vécu un évènement extraordinaire dont la presse a parlé, vous avez tenu le haut de l'écran à cause d'un gros scandale, n'ayez crainte, préparez-vous à écrire un livre. Quoiqu'il advienne vous êtes sûr d'être édité.

Ainsi se met en place "une littérature fugace" nourrie de sensationnel, d'extravagant, de libido, de voyeurisme, de sensiblerie.

Autrefois les grands éditeurs qui gagnaient beaucoup d'argent avec de tels ouvrages en réinvestissaient une partie à financer des livres à petit succès mais dont la qualité littéraire était indéniable.

Il y a fort à parier que ce ne soit plus le cas aujourd'hui. Les actionnaires des grands groupes sont trop gourmands pour laisser quelques miettes. On pressure l'édition, on asphyxie le petit libraire indépendant ( malgré la loi Lang) afin de rogner le maximum de profit.

Editeurs peut-être, mais crocodiles sûrement. Et vive l'identité culturelle!

Fin