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26 septembre 2014

L'intermittent du spectacle.

La vie politique n’est pas un long fleuve tranquille, mais une scène de théâtre où Sarkozy, en vrai intermittent, vient de décrocher un rôle, le vrai premier rôle dont il rêvait: celui de Jeanne d’Arc. Il s’agit de sauver la France mais surtout de bouter Hollande hors du palais de l’Elysée.

Il a, on le sent bien, entendu une voix. Attention pas celle de Ste Catherine ou celle de l’archange Gabriel qui ne sont que menu fretin. La voix qu’il a entendue est la sienne. En écho, sans doute, tout en modestie. Aussi il doit se faire violence, il est obligé d’y aller. Mais comme on ne refait pas l’Histoire, ne comptez pas sur lui pour en faire couronner un autre, puisqu’il est bien le seul élu autoproclamé pour  l’emploi.

« Je ne suis pas l’homme providentiel… moi non plus… et moi si ! ». C’est à   peu près ce qu’il affirme, des trémolos dans la voix.

Quel charme, quel à propos, quel charisme : on sent qu’il a bien changé, lui non plus.

Il est là pour dire la vérité. On est tenu de le croire, nous non plus.

Etant donné les casseroles qu’il traîne derrière lui, il se croit obligé de donner la recette du chef : ce n’est pas lui qui aurait choisi pour ministre un banquier. Le bon peuple est prié d’oublier qu’il fut l’avocat d’affaires de la Banque Rothschild. Le bon peuple qui souffre est son vrai ami. La prochaine fois, il partira en vacances sur une coque de noix.

A confesse, il avoue pudiquement une lourde faute : « il n’a pas su déléguer ; il a voulu s’occuper de tout. »

On parle toujours trop, dans un confessionnal sans secret. Mais alors ! vont dire les Français à neurones, puisqu’il s’occupait de tout, il était forcément au courant des dépassements scandaleux de ses comptes de campagne, des financements douteux et des accointances avec Bygmalion.

« Prêtez-moi deux neurones » a-t-il quémandé auprès d’un Delahousse tétanisé. Ce dernier aurait dû se rattraper en lui faisant remarquer qu’il avait surtout de l’estomac.

La suite au prochain numéro ! Ce sera plus intéressant quand les barons dont « il a tant besoin » sortiront leur rapière pour croiser le fer. Comme a commencé à dire en substance Juppé,  particulièrement bougon ces temps-ci : « si tu vas trop à Lagardère, Lagardère n’ira pas à toi ».

Le rideau de la scène est levé. Restez assis, les places sont gratuites.

 

 

01 septembre 2012

Pas de synthèse! Des actes d'unité!

Il ne faudrait pas que les conseils des ministres qui se tiennent hebdomadairement à l’Elysée se transforment en mini-congrès du PS où chaque ministre s’autoproclame chef de courant en attendant une prochaine synthèse.

Tous ces dérapages verbaux qui conduisent certains à exprimer leur désaccord avec un gouvernement dont ils font partie, donnent une impression de joyeuse pagaille et de mèches à explosifs allumées sous les tables.

Décidément nombreux sont ceux qui n’ont pas encore compris que le Président Hollande a d’autres chats à fouetter que de recadrer tout son monde à chaque séance.

A ce jeu pervers, Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, qui a besoin lui-même d’un sérieux redressement, se distingue particulièrement.

Après avoir pris le contrepied de la position officielle de la campagne au sujet du nucléaire, le voici qui critique publiquement une décision de Moscovici, son collègue ministre des Finances,  là où il n’y a pas vraiment de quoi lever les bras au ciel.

Le candidat Hollande ayant promis la création d’une banque publique d’investissement afin d’accompagner la naissance d’entreprises innovantes  ou d’éviter de couler  à celles qui connaîtraient des difficultés passagères, il est normal que Moscovici se soit attelé à cette création. Pour la mener à bien il a choisi un conseiller technique. Quel peut-être le meilleur conseiller technique, sinon un banquier d’expérience. Le choix s’est porté sur Mathieu Pigasse, patron de la banque Lazard dont on sait qu’il a approuvé et appuyé la candidature Hollande.

Un banquier de sensibilité de gauche doit être un extraterrestre aussi difficile à trouver qu’une aiguille dans une meule de foin. Si on avait laissé échapper celui-là il aurait fallu se rendre sur Mars pour en chercher un autre.

Je ne vois pas ce qui peut choquer Montebourg. Si ce dernier veut exister qu’il fasse utilement son travail de ministre. Les électeurs lui en seront gré plus que de ses gesticulations. Surtout que le madré Hollande, qui ne semble par avoir oublié qu’il fut son concurrent aux primaires, semble lui avoir confié une tâche qui ressemble à une mission impossible. Il risque davantage d’y être descendu en flammes et pour un temps éliminé sans possibilité de synthèse, que d’être encensé.   

03 juillet 2009

Ils avaient l'air bien emprunté.

Quelques mois avant la clôture de l’exercice comptable, l’Etat français est en état de banqueroute, c’est à dire qu’il n’a plus un sou pour fonctionner.

Donc, pour pouvoir faire face à ses obligations financières et en particulier payer le salaire de ses fonctionnaires, il est tenu d’emprunter. Il le fait de façon routinière à des taux très bas, sur les places internationales, sans le crier sur les toits. Cette année il va devoir quémander 10 milliards d’Euros supplémentaires. Voyez comme il y va gaiement !

Pourquoi donc tant de bruit, pour un emprunt d’Etat annoncé à grandes embouchures de trompettes ?

Comme moi sans doute, cher ami lecteur désargenté, vous avez emprunté ; non pour payer votre boulanger, votre boucher, vos impôts, ou l’argent de poche de vos enfants, mais pour un projet d’investissement précis : achat d’un appartement, d’une voiture. Vous connaissiez à l’avance le coût de ce projet et donc le montant nécessaire à vous procurer chez le banquier.

Mais il n’y a pas, chez nous, que les éoliennes qui brassent du vent. Les politiques aussi, et particulièrement le premier d’entre eux qui semble plus doué pour les moulinets que pour le maniement du Karcher.

A Versailles, il fallait bien meubler le discours, on annonce un emprunt coup de cœur.

D’un montant de combien ?... On ne sait pas.

A quel taux ? …On ne sait pas.

De quelle durée ?... On ne sait pas.

Pourquoi faire ? …On ne sait pas davantage.

Amusez-vous à présenter un dossier de ce béton là au chef d’agence le plus proche, vous serez en mesure de connaître le degré son humour.

Mais désormais, dans notre belle république la logique est ainsi. Le Président se fait mousser à bon compte en multipliant les annonces et c’est aux ministres, souvent mis au courant en même temps que le public, de se « démerder » (mille excuses, mais « aller au charbon » m’a paru trop faible).

C’est le Président qui mûrit des idées que ses ministres trouvent manifestement trop vertes et pas mûres.

Aussi, chacun a pu remarquer l’autre jour, en se rendant à la réunion (un dimanche !) afin de trouver au projet « sarkozien » des raisons d’exister, avec leur maroquin sous le bras, ils avaient l’air bien emprunté … !