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04 décembre 2016

Ce qu'ils n'auraient pas dû dire.

Ils ont beau avoir le cuir tanné, rompu qu’ils étaient au monde impitoyable dans lequel ils ont évolué si longtemps, le départ des vieux routiers de la politique a quelque chose de pathétique. Juppé part sur un dernier discours, la voix cassée par l’émotion ; Sarkozy malgré ses rodomontades et ses mimiques, part comme un chien battu avec un faux panache. Si on peut avoir quelque sympathie pour le premier, on peut se dire que le second n’a vraiment que ce qu’il mérite. Car c’est une chose que d’être battu par les électeurs et autre chose que d’être congédié par ses propres amis quand on a gouverné la France sans partage pendant cinq ans. Le départ de Hollande après presque cinq années d’épreuves, pour ne pas dire de calvaire, auquel seul un homme de sa trempe peut résister, me semble plus intéressant à analyser. Il est des bonne âmes un peu partout : à droite, ce qui est normal ; à gauche, ce qui l’est moins, pour crier à tous les vents que ce quinquennat fut un échec. Et d’imputer cet échec à un seul homme : François Hollande. Ceux du PS qu’on nomme les frondeurs devraient avoir honte de se décharger ainsi sur une tête de turc, le plus souvent dans le but inavoué de sauver leur mandat. Car la responsabilité de ce soi-disant échec est collective et, plus que Hollande lui-même, ils en ont une large part. Qu’a fait François Mitterrand avant d’accéder à la mandature suprême : il a fait travailler son parti. Maillage du pays par des amis influents, mise en place d’équipes dynamiques, stratégie d’union de la gauche, brassage des idées, programme, recrutement de collaborateurs jeunes et talentueux. En 1981 François Mitterrand était prêt à 100% à exercer sa fonction. Qu’a fait le PS, sous Chirac et Sarkozy, c'est-à-dire tout le temps qu’il est resté dans l’opposition ? A-t-il réfléchi, s’est-il fixé un cap, a-t-il préparé son leader à accèder au difficile exercice du pouvoir ? Rien, absolument rien. Pire, l’homme le plus moqué ( Flanby…Pépère… M. Synthèse) souvent le plus méprisé, a été sans état d’âme envoyé au casse-pipe. Je caricaturerai à peine si je dis que pendant tout ce temps, les barons du PS, au lieu de travailler, se sont surtout occupés de manœuvres internes destinées à asseoir leur influence et si possible leur ambition. Hollande n’a donc pas été élu sur le programme de son parti mais sur le rejet de Sarkozy. C’est là son drame, car il est arrivé à L’Elysée sans expérience, autant dire sans munition. Aujourd’hui, les frondeurs, bonnes âmes de gauche, ceux-là mêmes qui ont roupillé si longtemps, feignent de nous faire croire que le discours du Bourget était un programme de gouvernement. Même s’il ne fut pas très heureux, ce discours reste un discours de meeting où le verbe n’a qu’une valeur émotionnelle. Non, ils n’auraient pas dû dire que Hollande avait trahi. Les traitres sont ceux qui, après avoir failli, après l’avoir pris pour Bouc émissaire, l’ont finalement lâché. Maintenant que Hollande n’est plus un obstacle pour eux, plus un bouclier surtout, on va bien voir s’ils sont capables de s’unir sur des idées et sur un programme afin de retrouver le chemin de leur mission, ( je n’oserai dire de leur honneur) qui est celle de défendre le peuple suivant les principes d’égalité et de justice.

19 mai 2016

L'annonce d'une fessée.

Ce n’est pas leur faute, aux Français, c’est comme ça que la République leur a enseigné l’Histoire : en leur apprenant à aimer les « grands » hommes et à ignorer, voire à mépriser, les ordinaires et les besogneux.

Ainsi ils admirent Louis XIV roi d’orgueil et de luxe mais ne savent rien de Louis XII qui fut bien plus grand roi que lui, un roi « social » attaché au soulagement de son peuple et au développement de l’économie de son pays. Ils admirent Napoléon qui a pourtant bâti sa renommée sur des montagnes de cadavres, un dictateur moderne qui eut plus de pouvoirs qu’un roi. Ils admirent Pasteur qui était un bon chimiste mais n’était pas docteur, oubliant au passage le travail de son assistant le docteur Roux, sans qui, c’est ma conviction, Pasteur n’aurait jamais été. Ils admirent de Gaulle au détriment de Pompidou et de tous ses successeurs. Ils ont fait de Mitterrand leur coqueluche mais ont rejeté dans l’humiliation, Lionel Jospin pourtant en pleine réussite. Ils sont comme ça, les Français, il leur faut des icônes. Par contre, ils détestent les mauvais comédiens, Giscard d’Estaing et Sarkozy en ont fait les frais.

La plus grande erreur de François Hollande a été de se présenter comme un Président ordinaire, il en paye aujourd’hui le prix. Quoiqu’il fasse, quoiqu’il dise, on considère désormais que c’est du niveau de la femme de ménage. La presse le roule et le foule à ses pieds comme un ver de terre, l’opposition se gausse et boit du petit lait, ses amis le trahissent. Il est normal, la France habituée aux rois « soleil » pâlit à la lueur de sa chandelle. L’Elysée n’est plus le palais de la République, c’est une usine dans laquelle un ouvrier tripote des clés à molette.

On reproche à François Hollande son gros mensonge du Bourget : « Mon plus gros ennemi…c’est la finance ». Existe-t-il pourtant plus gros mensonge que celui de Gaulle qui les bras tendus, cria au peuple d’Alger : « Je vous ai compris ! » Oui, mais de Gaulle, c’était un grand.

Aujourd’hui la France est dans la rue et derrière ses banderoles revendicatives se cache un désir d’exceptionnel. La France, en manque d’orgueil, roumègue contre la normalité. Un journaliste, suprême coup de pied de l’âne, a même osé titrer sa chronique : « A quoi sert Hollande ? »

Cette pagaïe, ce manque d’unité, ce dénigrement permanent, vont coûter cher à la France. Là-bas, au bout du couloir de 2017, Marine le Pen nous attend les bras ouverts. Ceux qui s’agitent, quel qu’ils soient, tous sont à mettre au rang de ses complices.

C’est ainsi, il faut désormais en prendre son parti : Pour retrouver son bon sens, pour résoudre son péché d’orgueil, la France a besoin d’une bonne fessée et de descendre au cachot où l’attend le pain sec.

 

 

31 décembre 2015

Le noir, le blanc, l'oie et le Père noël.

Ils ont un drapeau noir, s’habillent en noir, portent barbe noire et ruminent leurs idées noires. Ne donnons pas à ces sinistres personnages l’occasion de mettre de la couleur dans leur vie, de les amuser par nos gesticulations imbéciles. Se taire serait tellement mieux pour servir la bonne cause et opposer du blanc.

Tout le monde sait que la déchéance de la nationalité française ne peut effrayer des islamistes qui se rient de la peine de mort. Ces gens là sont sur une autre planète. Aucun dialogue, fût-il assorti de lourdes sanctions pénales, n’est possible avec eux. Il n’y a malheureusement qu’une solution possible pour les empêcher de nuire, c’est celle qu’on emploie pour les nuisibles : leur destruction. C’est en ce sens qu’il faut parler de guerre, ce mot que les âmes plus sensibles que responsables trouvent trop fort.

Alors pourquoi le Président Hollande a-t-il choisi de proposer d’étendre une mesure qui existe déjà : la déchéance pour ceux qui ont double nationalité, française et étrangère, au risque de diviser son camp ? Pourquoi aller pêcher dans les égouts de l’extrême- droite ?

C’est que Hollande est déjà en campagne, l’œil fixé sur l’horizon 2017. Celui qu’en 2012 personne n’a vu venir, sur qui personne n’osa parier, continue sa stratégie. A défaut de plaire, il surprend, il embarrasse, il contourne, il manipule. Hollande est l’homme des tranchées, le passeur de murailles qui prospère dans les souterrains. Il est de la race des termites. Il ronge sa proie de l’intérieur. Il n’est jamais tant dangereux que lorsqu’on l’oublie dans son coin ou que hué et sifflé on le croit  à terre.

Il avait jusque-là rêvé de réunir le Congrès à Versailles pour faire inscrire dans la Constitution  la reconnaissance officielle des langues régionales et, par là, obliger la droite à voter pour son projet. Il a trouvé mieux, plus aigu et plus efficace, la faire voter pour une coquille vide. Le terme de texte fantôme conviendrait mieux. En fait cette mesure présentée comme liberticide ne concernera que quelques dizaines d’individus, qui plus est, de grands criminels condamnés, ayant purgé leur peine et considérés par la justice comme irrécupérables.

Mais l’intérêt de cette manœuvre est de pousser les beaux esprits, frais comme des gardons, à troubler l’eau en agitant la vase au point de déboussoler l’adversaire, de le pousser à la faute.

Sarkozy est inquiet. Il enrage. Ses troupes se dispersent. Elles sont en plein dilemme. Ou bien elles votent le texte de Hollande et y laissent des plumes, ou bien elles ne le votent pas et se font plumer. Il n’y a pas que l’oie du jour de l’an qui est sur le grill et que le Père Noël qui soit une « ordure ».