20 mars 2008

Pourquoi viens-tu si tard ?

L'émotion est forte dans tout le pays et, comme toujours, excessive.

Peu importe que Chantal soit morte naturellement de sa maladie ou qu'elle se soit suicidée, le problème reste le même. C'est ce qui s'est passé quelques mois avant sa disparition qui doit nous interpeller.

Nous devrions avoir honte que notre société ait laissé cette femme dans la solitude, non pas face à la mort car elle la souhaitait, mais face à la dégradation, la déchéance et l'insupportable tourment de la maladie. Chantal s'est battue à la fois contre sa maladie et contre l'incompréhension des hommes. Il n'est plus temps de compatir, il fallait le faire avant.

J'observe et j'écoute les commentaires de nos officiels, qui me paraissent bien tièdes. Ils n'entrouvent la porte qu'avec d'infinies précautions, avec une timidité qui ne laisse rien augurer de bon. De nombreux médecins supplient pourtant qu'on leur permette de sortir de la clandestinité. Ils n'en peuvent plus de cette hypocrisie.

Qu'on ne nous fasse pas, comme à chaque fois que la société s'affranchit d'un problème, le coup de la peur des abus. Nous avons chez nous suffisamment de gens compétents et sages pour établir des garde-fous qui ne seront pas des entraves.

Je souhaiterais tant qu'il y ait un "avant" et un "après" Chantal Sébire et que le nom de cette femme d'exception puisse rester dans l'histoire, pour avoir provoqué enfin chez ceux qui sont censés nous représenter, un sursaut d'humanité...