19 août 2008

J'ai tout faux!

Mille regrets à tous, je me suis lamentablement trompé dans ma note précédente:

A Matignon, il n'y a pas eu de partie de Colin-maillard!

La raison en est simple: comme il n'y a pas de récession, on n'a pas eu à "identifier la réponse".

D'où, la brièveté de ma note.

L'erreur est humaine! Convenez-en! Au moins, ne m'en veuillez pas. Je vous promets de faire

attention désormais à ce que j'écrirai.

17 août 2008

La langue de bois, discipline olympique?

Quand le silence des situations embarrassantes s’installe, les ministres de tous les gouvernements, à quelque bord qu’ils appartiennent, ont la même réaction : ils se mettent à parler.
Pour dire quoi ? Rien ! Ils parlent pour parler et surtout pour empêcher les autres de le faire à leur place.
Le silence, c’est comme le vide : la nature en a horreur. Alors, ils parlent. Ne souriez pas. Parler pour ne rien dire est extrêmement difficile. C’est tout un art, qui exige de l’imagination, de la souplesse, une grande connaissance du vocabulaire abscons et, comme diraient certains, un solide estomac afin de ne douter de rien.
Que feriez-vous si un jour on vous faisait monter en scène devant un énorme public silencieux, attentif et que l’animateur vous demande à brûle pourpoint.
« Madame, monsieur, avez-vous quelque chose à dire ? »
« Mais je n’ai rien à dire, monsieur l’animateur ! »
« Alors, parlez ! »
Kafkaïen n’est-ce pas ? C’est dans cette position pourtant que se trouvent souvent nos chers ministres et particulièrement le premier d’entre eux.
Tenez ! voilà, en ce mois d’août le type même de situation peu confortable. La France, de l’avis de tout le monde, est en pleine récession économique. Récession ! Personne n’emploie ce gros mot. Nous sommes en « croissance négative ». Cette contorsion linguistique signifie que nous reculons face au danger pour garder l’illusion d’avancer. C’est quand même mieux que d’avancer à reculons.
En annonçant la réunion en urgence des ministres invités à se « pencher » sur ce recul, Monsieur le Premier ministre indique que le groupe « (va) analyser les causes de la dégradation ». C’est bien, ça ! L’orage est sur nos têtes et on va l’analyser. Aurons nous les conclusions quand la pluie aura cessé ?
Et monsieur Fillon de continuer fermement sur sa lancée :
« Il s’agit d’analyser en commun les composantes du recul du PIB »
Voilà bien un beau sujet du bac : « Faites deux pas en arrière, puis analysez les composantes de votre recul. »
Surtout ne riez pas bruyamment, vous ne réussirez pas à déstabiliser un homme politique endurci car voici la suite du communiqué :
« Il s’agit d’identifier les réponses qui devront(y) être apportées »
Ouf ! On a eu chaud. On a les réponses, mais comme elles sont dans une bouteille à encre, on va les « identifier » . Comment ?
Je crois connaître la finalité de la démarche. Ce n’est pas, je pense, un réunion traditionnelle qui se déroulera ce lundi à Matignon, mais une sorte de partie de Colin-maillard. On va bander les yeux de Madame la ministre de l’économie qui, les bras tendus, à tâtons, va tenter « d’identifier les réponses ».
J’imagine très bien ses collègues, en cercle autour d’elle, criant à tue tête : « Ça brûle ! C’est tiède ! C’est froid ! »
Ainsi se dessinent probablement les contours d’une nouvelle discipline olympique. Je suis sûr que si l’éventualité de participer aux jeux de Londres se présente, nous ferons le plein de médailles. D’autant mieux qu’en 2012 nous aurons largement l’occasion de nous entraîner.

14 août 2008

Des morts d'avenir...

Après le drame vécu par Marie Imbert et son fils Vincent, après le terrible dilemme posé par Chantal Sébire, pour ne parler que de affaires les plus médiatisées, les bonnes consciences s’étaient rendormies.
Voilà qu’à nouveau la mort de Rémy Salvat, ce jeune homme atteint d’une maladie orpheline incurable, réveille le vieux débat sur l’euthanasie. Chaque fois c’est un coup de boutoir ou un coup de tocsin qui interpellent les esprits conservateurs car ces morts à caractère « militant » font grand bruit. Je prédis aux bons esprits qui font la sourde oreille que, sans relâche, ils seront désormais harcelés tant qu’il n’auront pas apporté de réponse aux détresses exceptionnelles de fin de vie.
Pour moi, Rémy Salvat ne s’est pas suicidé ; il s’est donné la mort. Si le résultat est le même, la démarche n’est pas la même dans un cas ou dans l’autre.
Il est bien délicat de donner une définition du suicide, car il n’y a pas un suicide mais « des » suicides. En général pourtant on s’accorde à penser que le suicide est le résultat d’un processus « pathologique » personnel et secret qui conduit un être à refuser d’assumer la complexité d’une situation qui lui est insupportable. C’est un acte de renoncement, d’abandon suprême.
S’il y a renoncement dans les cas qui nous intéressent, il n’y a jamais abandon. Ce qui me frappe et m’émeut chez ces malades en fin de vie, c’est leur extraordinaire courage et la lucidité dont ils font preuve, en pensant aux autres, pour forcer leur destin. Face à un mur d’incompréhension, ils se sont posés en défis et ont osé braver l’interdit sur la place publique. Alors que pour eux, tout espoir était perdu, que leur avenir se limitait à la semaine ou au mois, du fond de leur trou, du fond de leur souffrance, ils ont relevé la tête pour la cause de ceux qui, malheureusement, leur succéderaient. J’ai encore présent en mémoire le visage boursouflé de Chantal Sébire, crevant l’écran, et qu’elle montrait dans toute sa laideur pour frapper l’opinion et interpeller les politiques.
Chacun de ces morts tragiques est un combattant de plus qui vient s’ajouter à l’armée des ombres. Cette armée, que d’aucuns croient fourvoyée dans les cimetières, avance en bon ordre ; elle ne renoncera plus au combat. Elle finira bien un jour par troubler la conscience des bien pensants, de ces gens trop portés à décider seuls de ce qui est bien ou de ce qui est mal pour les autres, alors qu’on leur demande seulement de n’envisager que ce qui est humain.
L’opinion publique se plaint souvent du pouvoir qui distribue trop facilement les décorations. S’il y a des vivants qui ne les méritent pas, je pense qu’il y a des morts qui les méritent.