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31 janvier 2017

Des poules qui ont des dents.

On vante la vue perçante du vautour. Son odorat est peut-être meilleur. Il flaire à des kilomètres la proie blessée. Dimanche soir on a vu une tête, certes pas nouvelle, mais qu’on n’avait pas vue depuis longtemps : François Barouin. Il fait le service minimum. C’est le moins qu’il puisse faire. On sait que François Barouin, contre ses convictions, a rejoint Sarkozy avant les primaires uniquement par inimitié pour Fillon. Selon certaines rumeurs il ne pardonnerait pas à l’ancien premier ministre de l’avoir viré du gouvernement. Bref le François ne parle plus à François. Que venait-il faire alors au journal de vingt heures ? Montrer sa tête simplement. Se rappeler au bon souvenir de ses amis, montrer qu’il est solidaire de l’homme qui se noie et qu’il a chevillé au corps l’esprit de famille. On ne sait jamais ! La politique est cruelle, on le voit bien, et l’esprit de corps l’emporte sur les sentiments. Dans les coulisses du théâtre on doute déjà que Fillon puisse aller jusqu’au bout. Alors les conciliabules vont bon train pour lui trouver un remplaçant. La panique est totale. Juppé ? Juppé dans sa tasse de petit-lait leur a fait dire qu’il faudrait venir le chercher en tenue de bourgeois de Calais : la corde au cou. Mais Juppé a 70 ans. C’est papy gâteau à côté de Macron (38 ans) et de Hamon (39 ans) . C’est vrai que Barouin passe bien à la télé, qu’il a de la prestance…Et il fait jeune encore, malgré son expérience… Vous ne trouvez pas ? Comme dans le ciel d’un bon western, les vautours tournent avec patience, ou peut-être est-ce des poules qui ont des dents.

28 janvier 2017

Gardez-moi de mes amis...

On est peu de choses sur cette terre. Il a suffi d’un article de journal pour changer un chevalier blanc en taupe noire. En trois coups de stylo Fillon le bon est fait Fillon le laid. Comme dans tous les cas semblables, le premier effet de stupeur passé, on cherche à colmater la brèche. Et l’argument qui vient aussitôt à l’esprit, c’est la thèse du complot. Complot qui, suivez mon regard, ne peut venir que de l’adversaire. Déstabiliser un candidat encombrant est de bonne guerre. Des esprits démoniaques très actifs cherchent toujours le défaut de l’armure où enfoncer le poignard. Sauf qu’au milieu de ses cris et de ses lamentations, le camp de Fillon sait bien qu’il y a de fortes chances pour que le coup du traître vienne de ses propres amis. A l’intérieur d’un parti politique, on voue souvent plus de haine à ses amis qu’à ses adversaires et les primaires ont à coup sûr attisé les rancœurs. Certains propos entre gens de droite, rapportés par le même Canard Enchaîné, qui a toujours l’oreille tendue, sont du niveau de la salle de garde. Avec ça, le soupçon et la méfiance ne peuvent qu’ajouter à l’esprit délétère d’une campagne électorale partie en vrille. Bonjour l’ambiance ! Y a-t-il légalité ou illégalité dans le choix de Fillon ? Mais ce n’est pas cette question qui dévaste le plus le paysage politique. Cet épisode peu glorieux met surtout en lumière le goût immodéré de nos hommes politiques pour l’argent. Le parallèle est vite fait entre la vie opulente que leur procure leur mandat et la misère grandissante qui traîne dans la rue. Légal peut-être, immoral à coup sûr. Et pendant ce temps, Marine Le Pen grignote, grignote la laine sur notre dos.

16 janvier 2017

Les sauts de kangourou

Depuis la Révolution les grandes orientations politiques d’un pays se sont toujours définies dans les foisonnements d’idées au sein des partis politiques. Tout le monde a entendu parler du Club des Jacobins dans lequel Robespierre, Danton, Saint-Just et quelques autres célébrités, lisaient leurs discours, souvent les faisaient approuver, avant de les prononcer à l’Assemblée.

Jusqu’à ces derniers temps  la confrontation d’idées avait lieu en vase clos, entre militants et le congrès servait de soupape de sécurité pour faire tomber la pression de la cocotte minute.

 Mais il y avait une règle simple à laquelle personne ne dérogeait. Une fois le vote interne acquis, la majorité du congrès ayant tranché, tout le monde se rangeait derrière le programme choisi.

Cela avait deux avantage : d’abord de responsabiliser les militants qui n’étaient pas pris seulement pour des colleurs d’affiche mais exerçaient leur pleine responsabilité ; ensuite de préserver la cohérence et l’unité du parti.

Depuis l’avènement de la Cinquième République, taillée spécialement à la mesure de de Gaulle, on ne fonctionne plus que sur la notion de Président-homme-providentiel de qui on attend tout, qui est responsable de tout, même, comme le disait ironiquement Mitterrand, du sens dont on met les sardines en boîte.

En conséquence chaque candidat à la « primaire » se prend pour l’homme rare, le sauveur suprême. Il ne représente que lui-même. Il n’a de bon programme que le sien. Ironie du sort, aujourd’hui le Parti Socialiste croule sous sept programmes qui fleurissent sur un socle commun de plus en plus flou. On pourrait en dire autant des républicains. Pire encore, pour se faire élire, chaque candidat force la dose, comme Fillon qui a poussé la barre à l’extrême droite quitte à reculer à peine désigné, c'est-à-dire à s’asseoir sur un premier mensonge.

Au soir du second tour les désillusions seront grandes à l’image des larmes de l’honnête Juppé. Aussi je souhaite bon courage aux vainqueurs pour encaisser les défections, voire les trahisons, des vaincus.

Bien malin sera celui qui sortira Président de la République. Toute logique ayant disparu, même les instituts de sondage sont en plein cirage.

Non, les Primaires ne sont pas la démocratie. Elles n’en sont que la caricature. Un facteur de désordre à la limite de l’anarchie.

La meilleur preuve est que la démocratie ne progresse pas dans notre pays. Ce sont les idées de la famille Le Pen qui font des sauts de kangourou.