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16 janvier 2017

Les sauts de kangourou

Depuis la Révolution les grandes orientations politiques d’un pays se sont toujours définies dans les foisonnements d’idées au sein des partis politiques. Tout le monde a entendu parler du Club des Jacobins dans lequel Robespierre, Danton, Saint-Just et quelques autres célébrités, lisaient leurs discours, souvent les faisaient approuver, avant de les prononcer à l’Assemblée.

Jusqu’à ces derniers temps  la confrontation d’idées avait lieu en vase clos, entre militants et le congrès servait de soupape de sécurité pour faire tomber la pression de la cocotte minute.

 Mais il y avait une règle simple à laquelle personne ne dérogeait. Une fois le vote interne acquis, la majorité du congrès ayant tranché, tout le monde se rangeait derrière le programme choisi.

Cela avait deux avantage : d’abord de responsabiliser les militants qui n’étaient pas pris seulement pour des colleurs d’affiche mais exerçaient leur pleine responsabilité ; ensuite de préserver la cohérence et l’unité du parti.

Depuis l’avènement de la Cinquième République, taillée spécialement à la mesure de de Gaulle, on ne fonctionne plus que sur la notion de Président-homme-providentiel de qui on attend tout, qui est responsable de tout, même, comme le disait ironiquement Mitterrand, du sens dont on met les sardines en boîte.

En conséquence chaque candidat à la « primaire » se prend pour l’homme rare, le sauveur suprême. Il ne représente que lui-même. Il n’a de bon programme que le sien. Ironie du sort, aujourd’hui le Parti Socialiste croule sous sept programmes qui fleurissent sur un socle commun de plus en plus flou. On pourrait en dire autant des républicains. Pire encore, pour se faire élire, chaque candidat force la dose, comme Fillon qui a poussé la barre à l’extrême droite quitte à reculer à peine désigné, c'est-à-dire à s’asseoir sur un premier mensonge.

Au soir du second tour les désillusions seront grandes à l’image des larmes de l’honnête Juppé. Aussi je souhaite bon courage aux vainqueurs pour encaisser les défections, voire les trahisons, des vaincus.

Bien malin sera celui qui sortira Président de la République. Toute logique ayant disparu, même les instituts de sondage sont en plein cirage.

Non, les Primaires ne sont pas la démocratie. Elles n’en sont que la caricature. Un facteur de désordre à la limite de l’anarchie.

La meilleur preuve est que la démocratie ne progresse pas dans notre pays. Ce sont les idées de la famille Le Pen qui font des sauts de kangourou.

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