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22 mars 2016

Etre de gauche, qu'es aco?

A moins d’être un tantinet schizophrène, quel est l’homme de gauche qui se sent tout à fait à l’aise aujourd’hui ?

Certains nous disent : « Ceux qui nous gouvernent n’ont de gauche que leur qualificatif. En réalité ils trahissent chaque jour un peu plus leurs convictions. Les électeurs de gauche sont trompés.»

A contrario d’autres assurent que le Président Hollande et son gouvernement assument crânement la gestion d’une situation  dont ils ont hérité alors que les mutations du monde s’accélèrent ; qu’ils tentent courageusement des réformes impopulaires qui ne produiront leurs effets qu’à court terme, mais tout de même au profit de ceux qui en ont le plus besoin : les chômeurs.

L’essentiel je pense est de s’entendre sur le mot « gauche », de lui appliquer toutes les nuances, voire les subtilités pour éviter des jugements manichéistes.

Par exemples : L’Etat d’urgence est-il une mesure de gauche ? Certainement pas. Il est même l’outil favori des dictateurs. Fallait-il par ce prétexte ne pas s’en servir pour protéger des innocents contre les agissements de fous ?

Le pacte de responsabilité avec ses 45 milliards donnés aux entreprises est-il une mesure de gauche ? Certainement pas. Les bonnes âmes le qualifient de honteux cadeau fait aux patrons, oubliant au passage que l’entreprise fait travailler plus d’ouvriers qu’elle n’enrichit de patrons. Fallait-il pour autant, alors que tout a échoué, ne rien tenter pour éviter que notre  économie s’essouffle, perde en compétitivité, que notre commerce extérieur s’effondre, dans un monde impitoyable, alors que les atouts ne nous manquent pas ?

Le soutien à l’aviation Dassault, la promotion du Rafale sont-elles des actions de gauche ? Trois fois non. Faut-il pour autant sacrifier sur l’autel des bien-pensants les ingénieurs hautement qualifiés qui iront ailleurs exercer leurs talents, des ouvriers spécialisés formés dans nos écoles d’élite aux frais du contribuable ? Faut-il laisser la place à d’autres moins scrupuleux et, ce faisant, grossir les effectifs de Pôle-emploi ?

La réponse est claire dans ma tête : Si la gauche veut garder sa pureté originelle, si elle ne veut pas salir ses gants blancs, surtout dans les situations exceptionnelles (nous y sommes), alors il faut qu’elle refuse de gouverner.

Faut-il dénigrer aveuglément la gauche qui rêve aux lendemains plus humains ? Non, car nécessaire, utile, indispensable, elle représente l’avenir, le progrès de l’humanité. De cette gauche je suis fier et j’en suis. Ce qu’il faut dire cependant franchement, fermement, à ses éminents représentants, c’est que c’est eux qui manquent de courage, qui se dérobent à leur devoir. Non pas tellement parce que comme Martine Aubry, ils hurlent lamentablement avec les loups, mais parce qu’ils ont refusé, qu’ils refusent encore, par réflexe de défense, de travailler à un projet d’avenir digne de ce nom. Qu’ils n’oublient pas cependant, s’ils étaient tentés de prendre leur plume, que les plus généreuses idées appellent nécessairement des financements. Je n’ose dire un retour sur investissement.

Pour l’instant, il pleut sur un seul homme, « comme il pleut sur la ville » et personne ne veut lui tenir le parapluie. Plus il trace son chemin, impavide sous le feu de ses amis, les quolibets et les injures de ses adversaires, plus je suis porté à croire qu’il marque des points dont l’histoire se souviendra. Moins je le plains, plus je l’admire. Sans partager, loin de là ses méthodes politiques, je trouve malgré tout, qu’il est grand temps de le défendre.

 

PS : Merci à B.L. pour son vigoureux (mais indolore)  coup d’aiguillon. Je lui recommande vivement la lecture de : « L’Abeille (et le) philosophe » de Pierre-Henri et François Tavoillot Ed. Odile Jacob.

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