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31 mars 2015

Contestation à deux faces.

En France, dans le corps électoral, les contestataires peuvent se diviser en deux catégories bien distinctes : d’une part les inactifs, d’autre part les actifs, pour ne pas dire les excités.

Les inactifs sont ceux qui, lors des journées électorales, restent à la maison ou vont à la pêche. C’est leur façon à eux de protester et de déclarer leurs attentes déçues. Bien qu’on parle d’eux les soirs de bilan à la télévision, ils sont vite oubliés, tenus pour quantité négligeable, relégués dans l’ombre au rang des anonymes. Ils sont les absents qui ont toujours tort.

Si ces muets du sérail ne sont finalement pas dangereux, il en va tout autrement de la deuxième catégorie : les actifs.

Ces électeurs là ruminent. Leur vengeance ils la veulent à la hauteur de leurs rêves de campagne électorale déçus. Or la vengeance n’est pas un sentiment de raison, c’est un facteur de trouble, de déséquilibre. La vengeance est l’autre face de la haine. C’est souvent l’arme des faibles.

Ce que n’arrivent pas à comprendre les partis politiques dits républicains (ni d’ailleurs les responsables du F.N. euphoriques et dépassés par leur succès), c’est que bon nombre d’électeurs, qui s’estiment trahis, déposent dans l’urne un bulletin d’extrême droite par dépit, pour faire mal, pour casser, pour détruire, fût-ce la démocratie. Il y a beaucoup de désespérés qui programment ainsi leur suicide pour appeler au secours.

A ce phénomène social, il est inutile de répondre par l’invective de l’autre. Aller chercher des arguments dans la période noire de notre histoire pour arrêter le FN, c’est puiser de l’eau avec un panier. On ne raisonne pas ainsi le dépit des électeurs qui votent avec leurs tripes avant de voter avec leur cœur.

Tant que les hommes politiques de droite comme de gauche se feront élire sur des mensonges pour ne pas risquer d’être battus en disant la vérité au peuple, le FN prospèrera, et un jour, qui devient de plus en plus proche, l’emportera.

Ne soyons pas naïf, il ne s’agit pas de dire toutes les vérités, une seule d’importance à laquelle on puisse se raccrocher peut suffire. Mitterrand le comprit, qui, en pleine campagne électorale se déclara, contre l’opinion publique, adversaire de la peine de mort. On lui reconnut le courage et le panache. Cela lui fit gagner des voix. Churchill galvanisa son peuple en lui assénant : « Je ne peux vous promettre que du sang, de la sueur et des larmes. »

Ce qui nous sauve encore, c’est le camp des inactifs scrupuleux qui se réveille partiellement au second tour pour se décider enfin à voter, c’est le report des bons républicains de plus en plus rares.

Bientôt c’est sûr, plus personne ne se réveillera. On pourra découvrir alors ce que le FN a dans le ventre, quand il nous l’aura mis sur le dos.

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