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06 mars 2015

Pour la fessée, vaisselle cassée.

Et si tout les grands pontes chargés de la vie politique de la France, tous démocrates confirmés, faisaient une erreur de diagnostic au sujet de la montée inéluctable du F.N. ?

Et si cette montée de l’extrême droite comme de l’extrême gauche tenait moins de la situation économique que des maladresses de l’Europe. De sa gabegie et de ce qu’il faut bien appeler l’imbécilité dont elle fait preuve tous les jours ?

Les Grecs, récemment, n’ont pas voté contre un parti politique, mais contre l’Europe : contre en tout cas ce qu’elle leur faisait subir.

En France, dans les campagnes reculées, dans les paisibles villages où la sécurité n’est pas un problème majeur, on vote de plus en plus F.N.

Pour les « cantonales » que suivront les régionales, le monde paysan, selon de nombreux sondages, s’apprête à voter en masse « bleu Marine », c'est-à-dire contre l’Europe qui l’a pourtant, des décennies durant, si bien servi financièrement.

La main qui les soutenait, les paysans veulent la mordre. Il ne s’agit pas seulement d’un désaveu, il s’agit surtout d’un sentiment de répulsion voisin de la haine. Vivant dans ce milieu marqué pourtant d’une longue tradition de gauche, je l’entends s’exprimer tous les jours.

Pourquoi, à partir de l’idée généreuse des pères fondateurs, en est-on arrivé là ? Tout simplement parce que depuis Helmut Cohl et François Mitterrand, les hommes politiques de nos contrées, surtout allemands et anglais, ne sont européens que dans leurs discours. Ils ne peuvent se détacher de leur nationalisme et ne veulent pas prendre de la hauteur.

Le résultat est simple à constater, ils nous ont ficelé une sorte d’ectoplasme sans colonne vertébrale, sans consistance, incapable de construire sa politique commune. Pas de stratégie financière, sinon celle qui convient aux Allemands, pas de défense commune, pas de politique étrangère et, ce qui est peut-être plus grave encore, pas de politique sociale, chaque état restant libre de pratiquer le dumping au détriment des autres membres. Suprême hypocrisie, des états comme l’Angleterre ou le Luxembourg, nous narguent avec leurs paradis fiscaux.

Mais il y a pire encore pour le commun des électeurs. Cette Europe malade de son mauvais fonctionnement gêne ses états membres dans leur fonctionnement. Car la plupart des lois votées par les parlements nationaux ne peuvent entrer en vigueur si elles n’ont pas l’aval de Bruxelles.

Ainsi a-t-on atteint le ridicule avec l’interdiction de la fessée.  Cette Europe qui n’a pas su s’unir pour résoudre le moindre conflit, qui baisse la garde en Ukraine, qui n’a pas pris la mesure exacte du danger islamiste, ne trouve rien de mieux à faire qu’à s’occuper de la fessée de nos gosses.

A Bruxelles on adore les compromis. Souvenons nous pourtant que le compromis de Munich nous mena à Hitler comme le compromis sur les cessez- le- feu d’Ukraine peut conduire à Poutine. La désunion n’est pas un travers, c’est une faute qui peut coûter des millions de vies humaines.

C’est de cette Europe qui ne sait dire non qu’aux faibles, que le citoyen de base ne veut plus. A tort ou à raison, c’est à elle surtout qu’il attribue sa souffrance.

Pour la fessée, combien de vaisselle cassée, qu’il faudra surement recoller un jour ?   

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