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13 janvier 2015

Une manif?...Non Sire, une révolution!

Ce 11 janvier 2015, jour d’hiver, avait les allures d’une journée de printemps. Le printemps français.

A voir la tête de l’auteur du discours de Grenoble et celle plus pathétique encore de l’amateur de « pain au chocolat », on sent bien que quelque chose d’important s’est passé. Il y avait visiblement dans ce cortège  beaucoup de personnels politiques qui cachaient mal combien ils étaient dans leurs petits souliers. Pour eux, chaque instant de cette longue marche était une claque silencieuse. Cela en était presque déroutant, cette mixité étalée au grand jour ! Comme aurait dit quelqu’un de célèbre pour ses bons mots: « tant qu’il n’y en a qu’un… »

Nous avons tout entendu au cours de cette journée historique, le plus souvent avec grandiloquence, tant étaient grands l’enthousiasme et l’émotion. Peu de gens  cependant ont décrypté sérieusement le message que cette levée en masse délivrait.

Je n’aurai pas l’outrecuidance de détenir les clés de ce message et ne puis ici que vous faire part de ma sensibilité.

J’ai ressenti ce phénomène de foule comme un séisme et même, je l’avoue, comme une forme particulière de Révolution, que je qualifierai de Révolution de l’étonnement.  

La France qui, à plus de 80%, croyait avoir mis à la tête de sa République un Bisounours, le découvre un matin, en se frottant les yeux, en homme d’Etat. Elle n’en revient pas.

Epaulé par un ministre de l’Intérieur dont les qualités se sont révélées, cet homme là, presque ordinaire, avec sobriété, humanité, mais aussi une détermination sans faille, tient solidement la barre au point de faire un sans-faute.

Mieux encore, en quelques heures à peine, « ce capitaine de pédalo », non seulement réveille son peuple, mais encore reçoit le soutien d’une partie non négligeable de chefs d’Etat étrangers. On en  perdrait son souffle pour moins que ça.

Etonnement de découvrir que la police n’est pas là seulement pour bastonner le peuple qui s’excite, mais pour le protéger dans les circonstances graves, au péril de la vie de ses membres. Cette police républicaine lui ressemble tant dans sa diversité et dans ses malheurs par le visage d’une jeune femme magnifique, de vingt six ans, froidement abattue dans le dos parce qu’elle portait l’uniforme.

Etonnement d’apercevoir  furtivement un musulman basané, (qui au péril de sa vie s’est glissé par une lucarne) ramper vers les forces de l’ordre afin de leur remettre la télécommande du portail et leur dessiner le plan des lieux où sont retenus les otages. Tout cela pour sauver des juifs.

Etonnement palpable de tout un chacun de se trouver mêlé à cette foule, avec femme et enfants, en promeneurs du dimanche, comme si un invisible aimant les avait attirés.

Etonnement de trouver dans cette foule tant de valeurs cachées qui retrouvent la lumière, tant de choses communes à partager. Etonnement de se redécouvrir citoyen de la Patrie des Droits de l’homme et, finalement, citoyen du Monde.

Et le message alors, me direz-vous ?

Selon moi, il s’adresse aux politiques d’ici et d’ailleurs, et il est fort simple : « Regardez-nous bien, nous sommes là parce qu’il le faut. Nous traçons un nouvel horizon. A vous de faire le reste. »

On voit que rien n’est gagné pour Hollande. Les qualités dont il a fait preuve restent à confirmer. Il lui reste une chose  bien plus difficile à faire : montrer qu’il a compris et gouverner.

Qu’il nous étonne encore !

Au moment où il embrassait les familles, un oiseau irrévérencieux qui passait par là, en plein vol lui a chié sur l’épaule. Voilà de bons augures. « Merde ! » c’est plus fort que  « Bonne chance ! »

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