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08 janvier 2015

Ils ont tué des Hommes!

Cabu, Wolinski, Tignous, Charb, Maris, des noms jetés à terre par des sauvages. Egrenés par les médias à l’infini, ils résonnent en nous comme le glas. Et remonte en mémoire la phrase célèbre d’Ernest Hemingway : « Quand la cloche sonne, ne te demande pas pour qui sonne le glas…c’est pour toi ! »

Oui, aujourd’hui, à midi, les cloches de Notre Dame ont sonné le glas pour nous, à titre de dernier avertissement. Je dis bien de dernier avertissement.

Gardons-nous des mots pompeux trop souvent prononcés dans le vent, gardons-nous des condamnations de circonstances, gardons-nous d’une émotion bruyante mais sans lendemain. Les hommes qui sont morts à leurs crayons, si je puis dire, méritent mieux que ça.

Sait-on seulement qui ils étaient ?

Derrière leur sourire enfantin, leur apparente insouciance, leur trompeuse décontraction, ils cachaient leur véritable courage, leur inébranlable détermination à ridiculiser ce qui gangrène notre société : l’hypocrisie, la cruauté, la bêtise.

Leur talent leur permettait le trait forcé, l’irrévérence, sans méchanceté. Ils nous tendaient si bien le miroir déformant pour nous faire rire de nos défauts.

Souvenons nous de l’impertinence de Cabu qui dans le Canard Enchaîné fait dire à un curé : « Les voies du Seigneur sont impénétrables… » alors qu’à ses pieds l’enfant de chœur répond, songeur : « C’est pas le cas de tout le monde. »

J’ai sous les yeux l’un des derniers dessins du même Cabu où sont croqués les visages tristes et las de Zemmour et de Houellebecq avec cette bulle : « Pessimistes, pessimistes, est-ce qu’on a des gueules de pessimistes ? »

Rire pour prendre conscience de ce qui est trop grave pour être dit gravement.

Demain, quand l’émoi sera retombé, c’est alors qu’il faudra se souvenir de leur sacrifice et surtout prendre conscience que rien de ce qui est arrivé n’est le fruit du hasard.

N’oublions pas que ces tueurs sauvages sont des Français. Qu’on le veuille où non ils sont le fruit de notre société c'est-à-dire d’une éducation ou d’une non-éducation, d’une formation ou d’un manque de formation à des valeurs morales, d’une insertion ou non-insertion dans le monde du travail. Par quel cheminement en sont-ils arrivés, eux et tant d’autres qui s’apprêtent à prendre la relève, à ce point de haine ?

C’est la question grave et exigeante qu’il faudra se poser. Sans excuser cette barbarie, il est primordial de la comprendre et d’avoir peut-être le courage de reconnaître que le mal pousse dans un terreau que nous avons entretenu : Cités abandonnées depuis des décennies au chômage et au trafic de drogue qui n’ont pour seul horizon que la violence.

Car nous n’avons plus affaire ici à des criminels de droit commun qui tuent pour du profit, mais à des illuminés qui tuent gratuitement au nom de l’idée dévoyée d’une religion pacifiste. C’est une forme inattendue de délinquance qui demande une approche psychologique des plus fines tant elle est déroutante.

Les places des villes sont envahies d’une foule émue, indignée. Des jeunes, beaucoup de jeunes sont venus spontanément. C’est bien, c’est réconfortant comme réponse et source d’espoir.

Mais il faut savoir que l’émotion, c’est comme la fête, ça s’éteint avec les lampions.

Si nos politiques, nos responsables religieux, ne prennent pas la juste mesure du problème tant au niveau national qu’international, alors le monde libre sera en danger.

La République est un régime doux qui sait rarement se servir de ses armes. La dictature meurt de ses excès de violence. La République qu’on croit toujours éternelle, meurt de ses trop grandes qualités qui, par manque de courage, dérivent vers le laxisme.

 

22:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tué, cabu, wolinsky, tignous, charb, maris, tueurs

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