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18 décembre 2014

Soignez-les avant d'en attendre le Pérou!

Il en va de l’entreprise comme de l’homme, elle ne peut travailler, et donc embaucher, que si elle est en bonne santé. Certes il est indispensable d’alléger ses charges, fut-ce de 45 milliards, mais c’est faire un mauvais pari que d’en attendre des embauches. Vous pouvez toujours soulager un homme du fardeau qu’il porte sur le dos, s’il est cardiaque, il ne travaillera pas plus. Il faudra d’abord le soigner.

Ce que doit, selon moi, exiger le gouvernement en contrepartie de ses cadeaux fiscaux, c’est que les entreprises se modernisent, et en se tournant résolument vers l’avenir, fassent leur propre révolution.

L’économie de papa est morte, ce sont les pays émergeants avec leur main d’œuvre facile et leur manque de législation qui l’ont tuée. Vouloir s’entêter dans une lutte perdue d’avance c’est se condamner au déclin.

Désormais nous devons travailler différemment des autres et faire ce que les autres ne font pas ou ne font pas encore.

La sophistication des outils de production, la mise en chantier de nouveaux produits issus de la haute technologie, la formation et la mise en condition de la main d ‘œuvre pour atteindre l’excellence. Voilà le seul salut !

C’est dans la façon d’aborder ces nouveaux défis que je vois une différence essentielle entre la gauche et la droite. Quand j’entends nos politiciens de droite entonner leur vieux refrain contre les 35 heures, je me dis qu’ils n’ont rien compris. Car d’évidence tout conduit à une diminution des heures travaillées même s’il faut les étaler sur  un dimanche. Il faut absolument changer nos mentalités et nos méthodes.

Arrêtons de dire que la mécanisation, la robotisation, l’automatisation des ateliers créent du chômage, alors qu’elles créent richesse et abondance. Mais cette richesse n’est utile que si elle n’est pas confisquée par les actionnaires, que si elle ne file pas droit vers les paradis fiscaux. Cette richesse doit donc être « fixée » essentiellement pour orienter l’emploi vers des activités nouvelles.

Il y a par exemple un secteur qui est en souffrance, c’est celui qu’on désigne sous le terme général de Service à la personne : qu’il s’agisse de la solidarité ou  des métiers attachés à la santé.

Certains coins de notre France rurale sont en train de devenir des déserts médicaux. Des personnes âgées dans des fermes du bout du monde ne reçoivent que la visite journalière du facteur. On ne veut pas voir qu’il s’agit là d’un manque de moyens qui tourne au mépris de l’autre, pour ne pas dire à la maltraitance. En ville même, des vieux meurent de solitude et d’indifférence et on ne découvre leur dépouille que des années plus tard.

Tout cela, les Français le sentent confusément. Confusément aussi ils cherchent désespérément une sortie : la sortie d’un vieux système qu’ils ne trouvent pas dans les projets de la politique traditionnelle.

Un frémissement dans les sondages est le révélateur de ce nouvel état d’esprit chez l’électeur. Les politiques rodés aux vieilles ficelles boivent la tasse.

Les grimaces et les faux semblants de Sarkozy ne font plus recette. Il s’effondre : -16% chez les sympathisants UMP, -4% dans l’opinion. Je l’ai déjà dit, pour lui, à moins d’une magouille anti-Juppé, dans le nouveau parti qu’il nous prépare, c’est fini.

Martine Aubry qui a cru bon de critiquer les lois Macron pour se concilier l’aile gauche, plonge du nez (-4%) tandis que les sympathisants socialistes font de plus en plus les yeux doux à Macron, « l’affreux banquier de droite » (+ 18%).

Qui aura le courage de préparer l’économie d’aujourd’hui, préparera les solidarités de demain. C’est en cela que les esprits légers jugent mal Hollande, parce qu’ils ne voient de lui que le côté superficiel sans déceler ce courage. Il est vrai qu’il ne fait rien pour les détromper.

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