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29 novembre 2014

On ne savait pas...

Récemment, sur une chaîne publique qui demandait : « Qu’est devenu M. Jean-François Coppée ? » celui-ci, à propos de l’affaire Bigmalion, a déclaré la main sur le cœur, avec toutes les marques  de la sincérité : « Je ne savais pas… ».

Ainsi le Président de l’UMP ne savait pas que le parti dont il était la tête payait à Bigmalion de faramineuses factures. Il ne savait pas davantage la débauche de luxe, de paillettes et d’artifices, qu’on avait commandés à prix d’or dans l’espoir de faire gagner à tout prix un candidat passablement amoché. Ce n’est que lorsque d’autres que lui ont fait les comptes, qu’il a su.

Je vais peut-être vous surprendre, mais je suis tenté de croire Jean-François Coppée.

D’abord à cause de la psychologie de ce personnage typique d’une certaine droite française et, dans une moindre mesure, d’une certaine gauche.

« Chez ces gens-là, Monsieur… » comme dirait Brel, on a un rapport à l’argent très particulier. L’argent est trop facile et on en a trop. Alors pensez, si c’est l’argent des autres. Comme on dit dans notre bon Midi à propos d’une oie gavée à plein gésier : « es sadouillo ». Elle est repue, elle n’en peut plus. Vous pouvez présenter à cette oie le meilleur maïs du monde, elle détournera le bec.

On  ne connaît réellement la valeur des choses que si on en manque. A cela peut prétendre seul le chômeur ou la mère isolée qui compte ses centimes à la fin du mois. Mais on parle là d’un autre monde.

Dans le climat irréel d’une campagne électorale ou la conquête du pouvoir rend fou et délirant, il peut sembler vraisemblable que l’homme pressé signe sur un coin de bureau un chèque hallucinant sans jeter un coup d’œil à la facture que lui tend négligemment un collaborateur. Car il sait que les résultats attendus sont mille fois plus importants que des comptes équilibrés dont tout le monde se moque. S’il manque de l’argent, la source étant inépuisable, on sollicitera le naïf militant. Après tout on augmente bien l’impôt pour combler un déficit.

Loin de moi l’intention de trouver des excuses à l’ex-Président de l’UMP, j’ai simplement voulu souligner un aspect peu brillant de notre monde politique qui ne sait plus du tout combien il fait noir au fond de la mine.

Inquiétante République où des hommes de premier plan, en perdant leurs repères, se coupent de tout bon sens comme de la simple réalité.

                                                                (à suivre).

                                                                                           

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