MXX37
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17 novembre 2014

Aux abois...il aboie!

Il aboie… et la caravane passe, laissant sur la route un drôle de saltimbanque : Nicolas Sarkozy dans toute sa splendeur défraîchie.

Après les bons coups de fourchette du « dîner de cons » de l’autre jour, Jouyet, Fillon et son avocat lui avaient permis quelque peu de restaurer son plumage. Mais son immense bourde sur la loi Taubira dont tout le monde sait qu’il est impossible de l’abroger, a transformé celui qui se prend pour un aigle en vilain canard en train de patauger dans sa mare.

Le sort de l’ancien Président de la République est plié depuis longtemps. Car même s’il gagne la présidence de l’UMP, ce sera une victoire à la Pyrrhus, autrement dit une position intenable pour lui, tellement ses amis-rivaux vont multiplier les coups bas pour l’abattre. La démarche de Fillon  auprès du pouvoir en place, montre à quel  point, dans ce parti, les haines sont recuites. C’est prouvé, c’est sur le devant de la scène, au théâtre, qu’on reçoit le plus de tomates.

L’attitude de Sarkozy, qui dévoile un peu plus sa personnalité incertaine et brouillonne, montre finalement à quel point on confia jadis le sort de la France à un homme qui fut tout sauf un homme d’Etat.

Son immense orgueil, carburant de son ego surdimensionné, lui a fait croire, qu’après Hollande transformé en Président punching-ball, la France n’attendait plus que lui. Un candidat  naturel, de droit divin en quelque sorte. Lui, le sauveur, il allait marcher sur les eaux sous les acclamations d’un public en délire. Bref ! il s’attendait à un parcours triomphal.

La chute est rude. Jour après jour, meeting après meeting, on se rend bien compte que l’ex-Président ne fait l’unanimité que parmi les excités, ceux-là même qui le sifflent ou à l’applaudissent suivant la fluctuation d’une phrase. Quelques sifflets suffisent à le faire changer sous le feu des projecteurs. On ne fait pas mieux comme marionnette.

Lui restera-t-il, après ça, assez d’estomac pour critiquer l’irrésolution de Hollande ?

Mais la menace la plus sérieuse est ailleurs. Dans l’ombre, un homme, un rival résolu, calque sur lui une attitude opposée. Calme,  réfléchi, peu disert, Alain Juppé a compris que son arme principale était la discrétion. La tactique de l’araignée. Pendant que le moucheron s’agite, s’épuise dans sa toile, l’araignée tueuse prend son temps pour l’entortiller afin de mieux le maîtriser.

Après un meeting déjanté, torride, gesticulant, du candidat Sarkozy,  Juppé aligne sa phrase de trois mots bien choisis, qui neutralise tout. Au lyrisme débridé il oppose le bon sens et la raison.

Et ça marche ! Oublié le politique droit dans ses bottes, vive le vieux sage qui parle d’or !

En réalité la France est lasse, à tort ou à raison elle est déçue par le microcosme politique qui apparaît de plus en plus comme un monde à part forcément déconnecté du sort des citoyens. Le temps est sombre ; plus il est sombre, plus on l’assombrit. C’est la déprime. Rien ne marche. Même la misère des restaurants du cœur prend le dessus.

Alors on se tourne vers celui qui rassure, qui cajole, qui vous présente des pantoufles. Hélas,  c’est un air trop connu. Quitte à couronner le roi borgne chez les aveugles.

22:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hollande, sarkozy, juppé, ump

Les commentaires sont fermés.