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11 février 2014

Gardez-moi de mes amis...

Entre airs entendus, dénigrements, moqueries, sarcasmes, François Hollande tente de tracer son chemin, de s’affirmer homme d’Etat.

Le Président de la République est-il donc si nul ? La majorité des Français le croit.

L’homme en a vu d’autres à commencer dans les rangs de son propre parti où il s’est taillé une place prépondérante, quasiment sous des quolibets permanents. Mais en politique ce n’est jamais celui qui croit être le meilleur qui triomphe, mais le plus fin tacticien.

Et en la matière Hollande est orfèvre. Aujourd’hui les rieurs, les amateurs de bons mots à son adresse, en sont réduits à marcher dans son ombre, l’ombre du roi. C’est, me semble-t-il, une leçon que tout un chacun ferait bien de méditer, à commencer par ses ennemis intimes du Parti Socialiste sans parler de l’opposition dont le comportement est chaque jour plus imbécile.

Et si tout le monde se trompait au sujet de François Hollande ?

Quelqu’un a-t-il compris son abandon en rase campagne de la loi sur la famille ? Une reculade ! s’est-on empressé de dire. Et ce mot employé en boucle dans les médias n’est pas loin de signifier « lâcheté ».

S’est-on demandé pourquoi le Président de la République qui avait imposé contre vents et marée le mariage pour tous, avec ma foi assez de panache, avait soudain cédé devant la perspective d’une loi qui somme toute ne faisait qu’aménager en droit certaines commodités familiales ?

Les opposants au projet, nombreux à manifester, « papa, maman, la bonne et moi », ont crié au triomphe.

Ils se trompent et la majorité de l’opinion avec eux.

En vérité Hollande n’a pas reculé devant la droite réactionnaire qu’il connaît bien, mais, en catastrophe, sous peine d’être ridiculisé, devant la menace de ses amis du parlement. Ces derniers, dès le lendemain, se proposaient de lui imposer un sérieux revers.

En catimini certains députés complotaient de présenter une série d’amendements destinés à inclure dans le projet, et donc à faire voter, contre l’avis du gouvernement, le principe de la procréation médicalement assisté. Cela Hollande, non par principe, mais par tactique, ne le voulait d’aucune sorte. Il est en effet sage d’étaler les réformes sociétales pour ne pas trop agiter l’opinion qui, pour le moment, a des préoccupations plus urgentes. Son choix était donc clair, reculer ou être politiquement ridiculisé par les siens.

 Vu sous cet angle la reculade de Hollande prend une autre dimension. Le Président sait plus que personne que des « amis » affirmés, même des obligés, sont souvent plus dangereux que les adversaires déclarés.

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