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29 décembre 2013

Aux armes citoyens!

Elle a une fraîche et sympathique frimousse, comme on peut l’avoir à seize ans. Elle est élève de 1° dans un établissement scolaire réputé.

Mais soudain ses yeux de biche s’écarquillent d’ignorance à l’énoncé de la question de Julien Lepers  à Question pour un Champion, fameuse émission de fin de soirée : « Quel homme politique a passé 27 ans de sa vie en prison avant de devenir Président de la République de son pays ?...en Afrique du Sud ? »

Est-elle si bécasse pour n’avoir pas songé à Nelson Mandela ?

Certainement pas, elle est même sûrement un brillant sujet de son lycée qui l’a choisie, elle, pour le représenter.

C’est donc plus grave qu’il n’y paraît, cette jeune fille étant l’archétype de sa génération, ce que le philosophe-érudit Michel Serre appelle « Petite Poucette ». Une virtuosité incroyable dans le maniement des outils informatiques, une méconnaissance affligeante de l’Histoire-citoyenne. Une génération qui ne sait pas ce qu’est d’être privé du droit de vote ou de mourir pour le conquérir.

La faute à qui ?

Aux parents, à la famille proche, déjà atteints peut-être d’indifférence pour la chose publique, mais surtout à l’Ecole. Depuis les années 1960 une enfilade de ministres de l’Education Nationale, plus ou moins maladroits ou hélas ! plus ou moins mal intentionnés, n’a eu de cesse de réduire l’enseignement de l’histoire à sa portion congrue ou de le rendre inintelligible.

La faute évidemment à nos hommes politiques actuels, dans leur théâtre d’ombres, pris en défaut de conviction jusqu’au cynisme et dont la majorité n’a pour seul horizon que sa réélection prochaine. La politique a bien perdu de sa noblesse. Si elle fut jadis sacrifice elle se présente plus aujourd’hui comme une rente de situation, comme une carrière prestigieuse que l’on ne veut pas lâcher.

Il ne faut donc guère s’étonner en cette période d’inscription sur les listes électorales que les jeunes oublient de faire la démarche ou rivalisent d’indifférence.

Combien de temps durera ce vieux fonds de républicanisme sur lequel on peut compter encore pour éviter le pire? Tant qu’il restera quelques poilus républicains pour crier contre vents et marées : « Aux armes citoyens ! ». Comme en 14, jusqu’au dernier.

Car il vaut toujours mieux défendre, même si on le regrette, une politique sans souffle qui nous garantit libres que d’opter pour celle qui nous promet  l’ordre dans le désordre.

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