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30 novembre 2013

Le vice et la Vertu.

Il y a une misère qui échappe à toute position sociale, toute situation de fortune, à tout niveau d’éducation, à toute profession et même à tout sacerdoce, c’est la misère sexuelle. Elle ne se voit pas parce qu’on la cache, parce qu’elle fait partie du fond intime de l’individu, parce que notre morale judéo-chrétienne réveille à chaque fois un fort sentiment de culpabilité.

On ne la voit pas, mais elle existe sans jamais, sauf par les psychiatres, être prise en compte.

Depuis quelque temps pourtant, un voile pudique ou peut-être un voile d’hypocrisie s’est levé  quand quelques spécialistes ont osé fort heureusement parler de la sexualité des handicapés. Je parle des handicapés lourds, des estropiés de la vie, de ces êtres brisés dès la naissance à qui un bonheur  qui fait partie intégrante de la dignité humaine est refusé au nom de l’indifférence, de la méconnaissance, ou pire, de la bienséance.

Le gouvernement a-t-il pris en considération cet aspect là de l’humain ? A-t-il conscience, en présentant une loi répressive contre la prostitution, une loi que je considère comme stupide, de se rapprocher de ceux qu’il est chargé représenter, à commencer par les plus fragiles ?

Rien d’étonnant à ce qu’une majorité d’électeurs pensent que nos élus sont sur une autre planète.

A mon sens on confond la prostitution, phénomène social vieux comme le monde et l’exploitation mafieuse qui en est faite. On prétend faire disparaître la prostitution en s’attaquant prioritairement aux clients, c’est-à-dire à ceux qui l’alimentent. On croit rêver. C’est comme si on voulait tarir la source en interdisant aux buveurs de venir s’y désaltérer.

Faut-il ici rappeler pour l’Histoire quelques « clients » célèbres qui auraient dû rétrospectivement payer leur 1500 € : Stendhal foudroyé en sortant du bordel réputé pour ses minettes, le cardinal Daniélou monté au ciel en épectase*, et le Président Félix Faure, subitement « démissionné » entre les bras d’une belle et pour qui Clémenceau eut cette cruelle oraison : « Il se prenait pour César et ne fut que Pompée ».

Comment former dès lors, comment motiver une police transformée en « guette-trou » alors qu’elle a tant d’autres tâches à mener à bien, par exemple démanteler ces réseaux mafieux qui vont recruter ces pauvres filles de l’Est pour en faire leurs esclaves.  

Gageons que si cette loi est votée par l’intégralité du parlement et entre en application, le vice n’a pas fini de rire de la Vertu.

 

 

*Dans le sens familier : décès en plein orgasme.

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