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12 novembre 2013

Quand les couillons...

"Voyage au bout de la nuit. », vous connaissez ? C’est un roman écrit par un écrivain à bien des égards moralement peu recommandable, mais hélas bourré de génie : Louis-Ferdinand Céline.

J’ai relevé précisément dans ce roman une phrase pleine de bon sens qui me paraît plus que jamais d’actualité :

« Pour que dans le cerveau d’un couillon la pensée fasse un tour, il faut qu’il lui arrive beaucoup de choses et des bien cruelles. »

Suivant l’habitude de Céline, le ton léger cache un appel à une réflexion plus sérieuse.

Pour ma part elle me ramène, cette phrase, à tous ces « couillons » qui, estimant que ni la gauche, ni la droite, ne peuvent régler non le problème de la France mais leur problème à eux, personnel, s’apprêtent à voter Le Pen. Sans état d’âme.

Evidemment Marine a des traits féminins, point du tout désagréables, le sourire plutôt rassurant et enjôleur ; comme tous ses collègues elle promet la guérison des écrouelles et le bonheur dans les foyers avant le café au lait du matin. De tous ces malfrats, de tous ces étrangers dont elle se complaît à exagérer le nombre et les nuisances elle promet de faire table nette. Ce sera un charter organisé pour les retours chaque jour ouvrable et s’il le faut le weekend. Moins de cranes rasés ; et ceux que le bras droit démange sont priés  de le laisser sur la couture du pantalon. Bref tout est en place pour attraper les couillons.

D’aucun pensent, qu’installée depuis plus d’un siècle, la  République est désormais indestructible, que la Liberté nous est acquise naturellement et à  jamais. Or tout régime démocratique bien assis peut sombrer en quelques mois et les moyens modernes de communication et d’investigation ne peuvent qu’aider à précipiter sa chute pour inscrire dans la durée, à sa place, un régime moins vertueux.

Il suffit de faire valser les préfets, de repérer les officiers de police bien carrés, de dénicher quelques généraux qui ont bien  caché leurs idées sous leur képi à étoiles, sachant que nous avons désormais une armée de métier et que le contingent n’est plus là pour s’opposer comme il le fit lors du putsch d’Alger.

Pour le reste les caméras extérieures qui vous suivent dans vos déplacements, internet où les idées foisonnent en laissant des traces, les satellites espions,  sont des outils qui peuvent se montrer malfaisants entre les mains de gens mal intentionnés. Plus que jamais la liberté avec notre technologie de l’extrême est d’une extrême fragilité.

D’ailleurs les grandes manœuvres ont commencé : on fustige à longueur de journée un gouvernement  qualifié d’incapable, de moins que rien. On dévalorise les ministres, on amplifie leurs divergences, voire leurs querelles, on tourne en dérision chacune de leurs décisions, on siffle le cortège du Président lors des commémorations, on tend  des bananes, on ranime les racismes sous-jacents, on flatte dans le sens du poil les mécontents primaires,  tout cela pour créer un climat délétère de « décomposition » qui appellerait des temps nouveaux, une aube nouvelle, dont on ne connaît que trop les poisons.

Quand les moutons de la défaite, les« couillons », auront voté suivant leur nouveau penchant, pour se soulager, avant que « la pensée fasse un tour » dans leur cerveau, il risque de leur arriver « beaucoup de choses et des bien cruelles ».

 

Trop tard ! Le malheur est que d’autres qu’eux auront à pâtir de leur « couillonnade ».

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