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03 novembre 2013

Poser la bonne question, ou se taire.

Dès qu’on parle d’otages, on marche sur des œufs. La froide et criminelle exécution des deux journalistes de R.F.I. montre bien qu’on a affaire à des fous, tous  bandits sans foi ni loi, pour qui la vie compte moins qu’un grain de sable. Ainsi la face sombre de l’histoire de l’humanité se perpétue sous d’autres latitudes; car sans rien excuser, souvenons-nous humblement de ce qu’il advint jadis chez-nous, lorsque l’obscurantisme de la religion aveuglait notre peuple.

Mais je reviens au sujet que je voulais traiter avant le déroulement de ce triste évènement qui nous a tous bouleversés et  révoltés. Sujet qui a trait cette fois à la libération des 4 otages du Mali, plus précisément sur la façon dont les chaînes d’information en continu on traité ce grave et émouvant sujet.

Je savais depuis l’affaire Mérah que les dites chaînes sont la plaie des médias, les cancres de la rubrique, les tricheurs qui passent leur temps à meubler, camoufler leur désinformation en évènement époustouflant. Ceci pour pouvoir durer…sans nous lasser.

Ainsi, à peine avait-on appris la libération des otages que déjà elles distillaient leur vinaigre, qu’elles entamaient leur danse du ventre afin de capter l’attention des téléspectateurs.

Alors que tout le monde se félicitait ou se réjouissait de voir ces vies malmenées enfin rendues au monde des vivants, la question cruciale, la plus pressé à élucider pour elles, était s’il y avait eu rançon. Et puisque leurs sources assuraient de façon péremptoire qu’il y avait eu rançon et même qu’elle avait été prélevée sur des fonds secrets, l’aspect humain de la libération des otages prenait vite à leurs yeux la dimension d’une affaire d’état.

Je ne suis pas journaliste, encore moins donneur de leçons. Pourtant le bon sens m’a appris à poser en général les bonnes questions et à éviter de poser celles dont je connais les réponses.

Sauf à vouloir se rendre intéressant en cette circonstance, un journaliste digne de ce nom ne demandera pas, ne demandera plus à un représentant de l’Etat : « Avez-vous versé une rançon ? ». Il sait qu’invariablement la réponse sera négative.

Peut-on alors s’y prendre autrement ?

Oui ! car la vraie question est la suivante : « Les ravisseurs ont-ils perçu une rançon ? »

Mais alors, à qui la poser ?

A personne, sinon à soi-même, pour s’entendre répondre, du moins je l’espère : oui !

Pour reprendre  Pascal, « le cœur à ses raisons que la raison ignore » et c’est l’honneur d’un homme de penser que la vie d’un être humain n’a pas de prix.

 

Même un journaliste avide de sensationnel peut comprendre cela et se taire.

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