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24 juin 2013

L'épouvantail ne fait plus peur.

Ça bouillonne en Lot et Garonne, qui fut vieille terre radicale pleine de sagesse et de modération. Les élections de dimanche dernier qui s’y sont déroulées pour remplacer Cahuzac, sont un sérieux avertissement.

Ce n’est certes pas le premier, mais ça pourrait bien être le dernier.

Il faut désormais constater que le F.N. est rentré dans la normalité de la vie politique. Il ne fait plus peur ; pire, il représente un espoir pour une frange de plus en plus importante du corps électoral.

Personne, à droite comme à gauche, ne voudra endosser la responsabilité  d’avoir contribué au développement de son influence ; pourtant tout a été fait pour lui tracer une voie royale. La meilleure preuve est que, c’est en se taisant que Marine Le Pen gagne le plus en influence, il lui suffit de laisser la classe politique traditionnelle accumuler ses farces jusqu’au ridicule et se prendre constamment les pieds dans le tapis.

En politique ce sont ceux qui sont au charbon qui ont le plus à perdre à l’inverse de ceux qui ne font rien et qui récoltent tout.

Quelques bons démocrates pensent encore que le sursaut républicain  du deuxième tour empêchera toujours le FN d’accéder au pouvoir, mais ils sont de moins en moins nombreux à le croire.

Si les prochaines élections municipales peuvent faire illusion, le FN manquant sur le territoire de cadres et de militants n’y gagnera rien, tout est possible aux prochaines présidentielles si l’on continue sur cette lancée.

Plusieurs raisons à cela :

D’abord l’habileté de Marine le Pen qui en purgeant son parti de ses éléments extrêmes, en lissant ses discours, en marginalisant son père, a su se forger une certaine respectabilité face à des partis qui eux, connaissaient en la matière de sérieux revers.

Ensuite la montée de nouvelles générations sans mémoire. Innombrables sont les pays où la démonstration dramatique du danger d’installer au pouvoir un parti d’extrême droite a été faite. Qui s’en souvient, et donc qui peut le craindre ? L’Histoire peu à peu remise dans les placards les malheurs et les souffrances des peuples asservis, malheurs qui ne seront bientôt plus connus que des gens avertis ou cultivés.

Pour le reste, aucune solution réelle n’étant en vue, on peut comprendre les gens simples que la crise rend malheureux ou ceux qui pensent l’être devenus et qui se tournent vers une fenêtre où ils croient percevoir une lumière.

Mais voilà, le malheur plus grand encore qui nous guette, est que cette fenêtre ouvre sur un champ d’orties.

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