MXX37
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

30 mars 2013

L'homme qui rit sous la pluie.

A l’aube de l’an II de sa défaite, voila Nicolas Sarkozy, tout droit tombé de la dernière averse, qui se lance dans l’humour belge. Inconsciemment, peut-être évite-t-il de s’essayer dans l’humour français, sachant que là encore il risque d’être défait par François Hollande. Qu’il se méfie pourtant de ne pas trop évoquer la pluie, car un proverbe populaire dit « qu’il pleut toujours sur les mouillés ». Du reste, en aucun cas la justice n’est disposée à lui ouvrir le parapluie. En politique, les giboulées ne durent pas que le temps d’une saison ; pour lui les lourds nuages ne se dissipent guère, au contraire ils s’amoncellent et l’hirondelle de quelques rieurs-bon-public n’annonce pas forcément son printemps.

Cette façon superficielle de refaire surface ne peut faire oublier dans quel état le sortant-sorti a laissé la France. On peut le mesurer tous les jours par l’épaisseur du brouillard dans lequel se débat son successeur. Les caisses sont vides, l’économie est plombée, les Français ont le moral dans les chaussettes plus peut-être que la situation ne le mérite. Car, en dehors de ceux qui sont frappés directement par la perte de l’emploi, convenons que, comme les enfants au coin du bois, chacun   joue à se faire peur. Comme toujours, dans la victoire d’un candidat sur le sortant l’opinion voit l’arrivée d’un faiseur de miracles. Mais que peut une boîte à outil du meilleur effet sur une plomberie qui fuit de toutes parts.

La crise vient de trop loin. Elle était prévisible, pour notre pays, mais aucun de nos chers énarques qui se tiennent par la barbichette ne l’a prévue, à fortiori anticipée.

La dette d’Etat sur laquelle on se focalise est à mon avis moins grave que le déficit du commerce extérieur. Elle n’en est même que la conséquence. Quand, dans une maison, on dépense plus qu’on ne reçoit de salaire, la faillite n’est pas bien loin. Il ne reste comme solution facile que l’endettement. Facile, mais néanmoins mortelle. C’est ce qui s’est passé pour la France qui, depuis des décennies,  achète aux autres pays plus qu’elle ne leur vend.

Toute industrie est soumise aux lois de la vie. Si elle ne se régénère pas, elle disparaît à jamais. L’humanité tire sa force des jeunes générations, l’économie des idées neuves.

Par l’aveuglement de ses dirigeants, la France qui a les atouts de l’intelligence et d’une démographie positive, s’est laissé surprendre par le vieillissement de ses industries. Il fallait, dès les premiers signes de défaillance, dans un élan colbertiste intense, mettre le cap toutes sur la recherche. Tout lui sacrifier et lui concéder, guetter la moindre invention, faciliter la dépose des brevets et leur mise en application. Au lieu de cela nous nous sommes épuisés en débats de sociétés et autres vieilles lunes. A croire que nous payons encore de n’avoir pas digéré notre Révolution de 1789. Nous donnons des leçons de droit alors que nous devrions en prendre d’économie. Nous pensons et les autres agissent. Chaque fois qu’une mesure économique un peu dure est envisagée on la rejette sans penser qu’elle conditionne le social. Savoir sacrifier à une politique de droite pour mieux asseoir sa politique de gauche, il y a longtemps que les socialistes allemands ont compris cela. Bien sûr ce n’est pas électoraliste. Ce n’est même pas électoral. Ce n’est pas non plus politiquement correct.

Si Hollande a compris cela, ce n’est point de sa boîte à outil qu’il doit sortir les solutions, mais d’une usine qui ne soit pas une usine à gaz. Quittons d’être cigale pour devenir fourmi.

Et que les faux rossignols chantent sous la pluie s’ils le désirent, pourvu qu’ils ne nous gâchent pas le printemps tant espéré, eux qui sont la cause de tant de feuilles mortes.

Les commentaires sont fermés.