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26 février 2013

La soupape.

Je sais, c’est un jeu de mots facile, mais comment appeler autrement ce que le pape utilise pour faire tomber la  pression au Vatican ?

Ne trouvez vous pas qu’en démissionnant par surprise il a fait jouer la soupape de sécurité, un peu comme « on pète les plombs» ?

Même les cardinaux réunis en séance plénière en ont perdu leur latin. C’est dire si la décision est personnelle et si le secret a été bien gardé dans la cocotte minute. Si les dédales du Vatican, bruissant de rumeurs et d’intrigues, n’ont même pas vu venir la gifle c’est qu’il y a anguille sous roche. Aussi, bien que le discours de démission du Saint-Père ait été doctement lu en latin, il pourrait bien à mon sens  révéler  entre les lignes ces quelques mots moins orthodoxes : « Allez tous vous faire foutre ! »

La vieillesse et la maladie envoyées à tout un chacun  comme une plaie d’Egypte n’a pas que des désavantages. En forçant un peu le trait elles peuvent servir, surtout la seconde, de rideau de fumée pour s’esquiver ou se dissimuler. Tout le monde connaît l’expression : « se faire porter pâle ». Un signe ne trompe pas ; quelques heures seulement après avoir fait fonctionner «  sa soupape », le Pape rajeuni de dix ans, trottinait déjà tel un lapin, peut-être pour prouver au monde qu’il avait jeté son fardeau aux orties.

Laissons donc le Vatican à ses secrets et à ses mystères. Même les spécialistes ignoreront tout du dessous des soutanes car il est de coutume sous la pourpre et l’or, d’invoquer toujours la volonté de Dieu pour nier les évidences.

Ce Pape si controversé, arrivé lui-même apparemment sans grand plaisir, timide et tout étonné d’être assis sur le siège de St Pierre, s’en va par la grande porte et, s’il ne donne pas une leçon de fermeté, du moins en donne-t-il une de dignité. Il est dépassé, donc il s’en va.

Et alors qu’il s’éloigne déjà dans les méandres de l’Histoire, comment ne pas penser à tous ces chefs d’Etat de tous les bords et de toutes les latitudes, à ce long cortège de morts-vivants vaincus et dépassés par la maladie, incapables d’assumer leur fonction, qui se sont si pitoyablement  accrochés au pouvoir comme à une bouée de sauvetage.

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