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23 novembre 2012

L'UM Plaies.

 

Les donneurs de leçons sont finalement tombés dans le travers qu’ils reprochaient au PS. Si la rivalité tragi-comique de Ségolène et de Martine les a ravis et bien amusés, il faut croire qu’ils n’ont pas résisté au charme du théâtre de Guignol, donnant du même coup toute la modernité au vieil adage : « Rira bien, qui rira le dernier. »

J’ai souvent mentionné depuis plus de quatre ans que je me livre dans ce blog, que, dans notre paysage politique, parmi tous les prétendants au trône, je n’apercevais pas l’ombre d’un seul homme d’état. Nonobstant l’équipe en place qui demande du temps pour la juger, dans l’opposition c’est pire que ce que je constatais, puisqu’ils sont descendus au niveau du comique-troupier. Désormais, plus la peine d’aller au théâtre, il suffit d’allumer la télé pour suivre l’invraisemblable feuilleton. On y voit un affrontement à faire pâlir les mânes de Bourvil ou de Funès.

Comment confier le pouvoir à des gens qui dans leurs discours ont des solutions à tous les problèmes, mais qui, dans les faits, sont incapables de vider même leurs querelles de bas étages sans parler de modérer la haine mutuelle qui les anime !

Tout cela serait cocasse s’il ne s’agissait pas du premier parti de France et si ne se profilaient en filigrane de cette pantalonnade, des conséquences moins réjouissantes.

Car la querelle Copé-Fillon est en train de déconsidérer toute la politique sans exception et d’apporter de l’eau au moulin de ceux qui, depuis des décennies, hurlent à tous les vents : « Tous pourris ! ». On reste confondu devant tant d’irresponsabilité.

Borloo a beau se frotter les mains et compter les nouvelles adhésions dont il profite, c’est quand même Marine Le Pen qui une fois de plus tirera les marrons du feu. Elle n’a même plus besoin de parler. Les fruits tombent tous mûrs dans son escarcelle.

D’autant que le vote des militants UMP est révélateur du climat politique qui s’installe en France. Jean-François Copé, tout en soutenant du bout des lèvres une campagne présidentielle qu’il considérait perdue d’avance, s’occupait surtout à verrouiller son parti non seulement au niveau national, mais également dans la plupart des fédérations, allant même, suprême prudence, jusqu’à placer ses hommes dans la commission de recours. Ainsi mettait-il en place, face à une fraude éventuelle, les moyens de la sienne plus efficace en contre-feu. Puis il a adopté sans complexe les thèses du Front National, flattant de manière outrancière les idées simplistes d’une «  droite décomplexée ». Sa surprenante réussite est le signe qu’une élection à droite se gagne du côté du Front National. La moitié de l’UMP louche désormais vers Marine Le Pen, laissant cette fois deviner des alliances plus ou  moins officielles mais plus massives qu’autrefois au second tour.

La querelle Fillon-Copé donc, si elle a un côté grotesque, cache toutefois un aspect plus sérieux quand on considère qu’il s’agit d’une lutte d’orientation. Soit l’UMP se range derrière Fillon pour rester majoritairement dans le camp des démocrates modérés, soit elle se lance dans l’aventure de l’extrême droite qui court après son pain au chocolat.

En attendant l’UMP n’est plus que plaies et bosses, un champ de bataille où l’on s’étripe, pendant que déjà, les plus prudents s’éloignent sur la pointe des pieds.

 

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