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08 novembre 2012

Une victoire impossible.

« Il aurait dû être battu ! ». C’est, à peu de chose près, la remarque péremptoire émanant de nombreux observateurs des élections américaines.

Si l’on se place du point de vue de toutes les élections démocratiques qui ont eu lieu ces derniers mois, ils ont raison. Tous les sortants, plombés par la crise économique, se sont fait sortir.

Or voilà qu’Obama, en vilain canard, sans surfer sur un triomphe, est tout de même élu confortablement. Pourquoi la montée du chômage à peine teintée d’une embellie, pourquoi  l’ampleur de la dette, du déficit commercial, du marasme industriel ne l’ont pas, comme les autres, emporté dans la tourmente?

A mon avis pour cerner le mystère de cette élection, deux phrases- clefs sont à analyser : l’une prononcée en cours de campagne par Madeleine Albright ancienne secrétaire d’état de Bill Clinton, l’autre prononcée en conclusion par une journaliste française.

« Je ne comprends pas comment des femmes peuvent voter pour le candidat républicain Pitt Romney ! » s’est écriée la vieille dame, tandis que la journaliste affirmait à propos des laissés-pour-compte de la société américaine : « Ils ont voté en masse Obama et pourtant le chômage les ronge… »

La cause est simple à découvrir. En portant la campagne exclusivement dans le domaine économique tout en affichant des positions ultra conservatrices à propos de l’évolution naturelle ou de la non-évolution de la société, les Républicains se sont sévèrement et même grossièrement trompés. Pour complaire à l’aile droite de son parti qui n’a jamais digéré l’élection d’un noir voici quatre ans, Romney a promis la suppression de l’assurance maladie, la mise en cause des procédés de contraception, le refus de l’interruption de grossesse, la diminution sensible des interventions de l’Etat etc…et tout cela a effacé ce qui pouvait être de bon sens pour relever l’économie.  L’adversaire a été stigmatisé par des propos d’une stupidité inconcevable : « Il (Obama) a soigné les gens, au lieu de leur donner du travail… »

Le résultat a été à la hauteur de la bévue. Toute une classe défavorisée s’est sentie menacée ; les femmes ont eu peur pour leur liberté personnelle. Aussi le vote majoritaire qui aurait dû s’exprimer en fonction des difficultés économiques a surtout été motivé par les problèmes de société. Obama a donc pu bénéficier du soutien massif de la classe populaire pourtant la plus touchée par la crise et de celui tout aussi massif des femmes.

A bien comparer cette élection américaine avec celle que nous avons vécue récemment en France, on peut trouver, dans la déconvenue de Sarkozy, quelques similitudes avec celle de Romney. Tous deux ont été battus en tant que représentants d’une caste privilégiée, pour leurs propos d’exclusion aussi, quand ce n’est pas pour leur arrogance, plus que pour leurs propositions d’assainissement économique.

Voilà en tout cas une manifestation de la sagesse des peuples bien réconfortante, même si elle en étonne quelques uns.

 

 

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