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22 septembre 2012

Case-toi...pauvre con!

Jadis les hommes politiques étiraient leur cou, allongeaient leurs jambes, chaussaient du 47, prenaient des poses de statue, s’infligeaient un gargarisme quotidien pour rendre leur voix plus ample et sourde.

Car tous voulaient êtres pris pour de Gaulle, ressembler à l’ombre du Général, incarner une autre idée de la France éternelle. Bref ils voulaient tous être élus sous le parapluie du grand chef. Cela dura quelque temps, mais le jeu sibyllin dut cesser quand les électeurs s’aperçurent  que ce n’étaient pas, chez leurs élus, le jambage des pantalons  ou les manches des vestes  qui étaient trop longs, mais leurs jambes et leurs   bras  qui étaient trop courts ; sans parler de leurs voix qui évoquaient des rossignols en train d’imiter la chouette effraie.

Aujourd’hui, si le paysage politique a bien changé depuis les années soixante,  les leçons du ridicule n’ont pas été tirées,  puisque les hommes du microcosme sont toujours aussi bêtement avides de mimétisme.

J’en connais au moins deux qui, ces jours-ci, battent des records absolus : Fillon-Copé ou Copé-Fillon, pour ne favoriser personne.

Observez-les biens ; en ces temps d’inquiétude leurs manœuvres ne pourront que vous réjouir. Ils en sont l’un et l’autre à se rapetisser, à se tasser, à revêtir des costumes étriqués et, tout en se ratatinant, à chausser des talonnettes. Ils se lancent par-dessus bord des invectives, des « casse-toi pauvre con !» rageurs.

Car tous deux voudraient être pris pour Sarkozy pour mieux se faire élire. C’est un comble ! A peine s’est-on débarrassé de l’original qu’on se retrouve avec deux copies. C’est tellement rageant qu’irrespectueusement on a envie de dire à chacun  d’eux: « case-toi…pauvre C… et lâche-nous les baskets, ne nous oblige pas à faire deux fois le même boulot ! »

Singer de Gaulle, cela n’était pas très malin, mais au moins le modèle avait-il de la prestance et du charisme. Mais singer un vaincu, un chassé du palais, un homme sur le banc de touche…de mémoire historique on n’a jamais vu ça chez les footballeurs qui veulent remporter un match.

Cette bien comique situation fait au moins un heureux : le capitaine de pédalo. Pendant que les deux moussaillons s’écharpent, lui peut naviguer tranquillement  sur une mer d’huile, sans secousse incommodante.  Qu’il se presse pourtant de pédaler. Demain, avec trois sarkozy sur le râble il peut se retrouver en grand danger de naufrage.

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