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20 septembre 2012

Y les tétons...

 

Qui n’a pas entendu un jour cette délicieuse histoire du petit Africain qui, maîtrisant mal le Français, alors que toute la classe entonnait : « Il était un petit navire… »,  s’obstinait dans son coin à chanter : « y les tétons… pétit navire ».

Mais aujourd’hui, la planète ne vibre plus aux accents du « petit navire » mais, suivant les points de vues, s’effarouche ou se délecte des tétons de la princesse.

Il est normal que tous les points de vue sur le sujet soient dans la nature, à commencer par celui de bon sens : « Si elle ne voulait pas qu’on les lui voit, elle n’avait qu’à se les cacher. »

Qu’ont-ils de si différent de ceux qui s’exhibent au Crazy-Horse, sauf qu’ils étaient en vacance et non en train de balloter devant un parterre admiratif ?

Encore  ils auraient été longs et vulgaires, comme des poires trop mûres, en train de rouler sur une maigre poitrine…on aurait pu se scandaliser, mais malgré la distance considérable et le piqué du téléobjectif, ils apparaissaient dans l’éclat de leur prime jeunesse et dans le galbe de leur parfaite fermeté.

Allons princesse ! l’époque victorienne est passée et rien n’est plus hypocrite que la réplique de Tartuffe : « Cachez ce sein que je ne saurais voir… ». Tant de midinettes sur la Croisière paieraient cher pour une quatrième de couverture.

N’oubliez pas qu’en Espagne, une princesse de haut rang, la Duchesse d’Albe,  certainement avec plus de sang bleu que vous, fit pire que d’offrir involontairement ses tétons à la curiosité des photographes, puisqu’elle exposa volontairement son corps nu au peintre Goya qui en fit l’admirable tableau « La Maja desnuda. »

Princesse, il est presque indécent que vous soyez, comme un vulgaire politique, pour la guerre des deux images : celle qui vous arrange pour immortaliser un premier baiser à un balcon d’apparat  contre celle qui échappe à votre consentement en vous montrant, femme, telle que vous êtes.

L’image, la vraie, aujourd’hui, c’est beaucoup plus sérieux.

Vous semblez ignorer que l’image a suivi son temps : fini l’image d’Epinal  respectueuse et correcte où l’on pouvait voir Pasteur, barbe impeccable et lorgnons finement cerclés, se pencher gravement sur une éprouvette.

Bien que fugace,  si vite oubliée qu’on peut douter qu’elle soit le témoin de notre civilisation, elle n’en reste pas moins le miroir instantané de ce que vit, aime, déteste, le  monde : la peinture de ses beautés hélas trop rares, ainsi que celle de ses bien plus nombreuses horreurs.

Aussi, princesse, vous qui avez la chance d’être si belle, je ne comprends pas votre courroux ; vous devriez être fière au contraire d’être un rayon de soleil, car il est plus réconfortant d’admirer l’image  de vos seins nus que de subir celle de ce pauvre bougre sur son lit d’hôpital, qu’en application de la Charia on a amputé sauvagement de la main droite et du pied gauche.

 

 

 

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