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19 juin 2012

Ouf! La France a voté!

 

Il était temps que le feuilleton électoral s’achève. On ne va pas voter à longueur de dimanche, comme on va à la messe. L’exercice de la démocratie a ses limites, même pour les républicains les plus scrupuleux. Les jeux sont faits, les tensions s’apaisent, les propos raisonnables sont enfin de retour, bien que des attitudes déraisonnables, en vieilles habitudes, pointent déjà le bout du nez. 

Trois candidats pour le perchoir. Apparemment c’est une place qui ne donne pas le vertige. Mais passons…ne soyons pas oiseau de mauvais augure. 

Trouvons au contraire des motifs de nous réjouir, non pas à propos des résultats que chacun appréciera à sa façon suivant qu’il est de gauche ou de droite, mais sur la manière dont les choses ont été conduites lors du second tour des législatives. 

D’abord observons que dans sa grande majorité, le peuple français est un peuple raisonnable, profondément (je dirai de plus en plus) attaché aux valeurs républicaines. Il résiste bien aux matraquages publicitaires ; il ne s’en laisse plus compter quoiqu’on fasse pour lui bourrer le crane; il sait aussi remettre chacun à sa place. 

Le corps électoral a intégré, je pense, le rôle du Front National. S’il est prêt à le tolérer en tant qu’exutoire de tous les mécontentements, de toutes les désillusions, il n’est pas prêt à lui confier le pouvoir. On sent même une aversion profonde d’une majorité d’électeurs pour les idées d’extrême droite. Le FN est donc condamné à triompher au premier tour et à perdre au second par l’effet d’un tir de barrage, même si cette fois de nombreux électeurs UMP, par dépit, on franchi le Rubicon. 

Car ce second tour pour le F.N., n’en déplaise à certains, est une défaite cuisante. Sa figure emblématique, Marine Le Pen, a perdu, alors que le premier tour lui avait tracé un boulevard vers le succès. C’est symbolique et hautement symptomatique. Avec un candidat PS peu charismatique, malgré un climat délétère et corrompu qui ne les avantageait pas, les démocrates du coin sont allés chercher la victoire avec les dents. 

A Carpentras, la nièce, la fragile Marion, élue grâce à l’entêtement d’une candidate socialiste, paraît mieux disposée à se présenter au concours de Miss France qu’à affronter le rude combat dans l’hémicycle. 

Quant à Me Collard, qui ne sait pas lui-même où se situer, si ce n’est dans le parti des grandes-gueules, il affiche un vaste programme : « Aller leur casser les couilles… ». Vu l’entrée à l’Assemblée de 155 dames-députés dont certaines me paraissent très déterminées, il risque fort d’y laisser les siennes. Je lui conseille d’écouter avec recueillement la chanson du Grand Georges Brassens: « Au marché de Brive-la Gaillarde…une douzaine de gaillardes… ». 

A cette déconfiture du parti d’extrême droite, les démocrates de ce pays ont voulu ajouter celle des caciques de l’UMP qui se sont trop rapprochés de ses thèses. Pour avoir trouvé Marine sympathique, Morano, Guéant, Raoult et la délicieuse maire d’Aix-en-Provence Jossains-Masini (qui trouvait le physique de François Hollande inapproprié), ont mordu piteusement la poussière. Œuvre de salubrité publique s’il en fut. Bravo ! 

Mais la gauche aussi reçoit une correction. Martine Aubry, la secrétaire du PS, n’a pas retenu la leçon que lui donna jadis le regretté Georges Frêche. Les électeurs veulent rester maîtres chez eux. Les parachutages, les diktats depuis Paris, c’est fini. Les militants veulent bien distribuer des tracts, coller des affiches, ils demandent aussi à être respectés, écoutés. Les indépendances, les fiertés régionales ou de terroir, l’ancrage des élus,  priment souvent sur les opinions politiques. Ségolène Royal a beau parler de trahison, c’est elle-même qui s’est trahie en voulant s’imposer contre la volonté locale. Péché d’orgueil, plus que naïveté. Or le vedettariat, en politique comme ailleurs, ne donne pas tous les droits. Quant à Jack Lang, pour le même motif, sa brillante carrière se termine lamentablement. 

Même si c’est triste que deux personnes de si grand talent soient ainsi remises brutalement à leur place, c’est le prix à payer pour une grande bouffée d’air frais dans notre démocratie. Nous en avions bien besoin depuis cinq ans. 

La France a voté ! … Il faudra attendre un peu pour savoir si elle a bien voté.

 

 

 

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