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08 mai 2012

Le plus gros est fait, le plus dur reste à faire.

 

Ce ne fut pas le 10 mai 1981, mais ce fut néanmoins une belle soirée républicaine, porteuse d’espérance. Quelque chose de neuf est venu avec le printemps. Au peuple de Gauche, à cette jeunesse de toutes origines réunie à la Bastille, et partout en France, un peu de dignité a été rendue.

Touché par une grâce tardive, Nicolas Sarkozy lui-même, adressait à ses amis un adieu plein de panache et de dignité. Il quitte la fonction avec la noblesse dont il aurait dû user lorsqu’il l’a endossée. Etant donné la relative faiblesse  de l’écart des résultats, cela lui aurait sans doute valu de la garder.

Mais n’accablons pas un vaincu certainement plus atteint dans sa fierté qu’il n’y paraît. Malgré la rudesse de la vie politique qui tanne les peaux contre les coups, la défaite  y est toujours une blessure. Et même si le blessé mérite largement ce qui lui arrive, respectons-le.

François Hollande est élu Président de la République. La normalité est devenue l’exception. Même si nous y croyions farouchement depuis des semaines, voire des mois, aujourd’hui que  le résultat est acquis nous devons nous pincer pour croire à la réalité du fait.

Le mérite de cette campagne électorale, plus animée et violente à la fin qu’à son début, a été d’abord de révéler un homme d’Etat mûr, épanoui ; ensuite de mettre en lumière tout le fossé qui sépare la droite de la gauche, fossé que d’aucuns pensaient en voie de comblement. Manuel Vals l’a même qualifié de « physique », ce fossé.  Nous avons senti aussi une hargne plus forte de la droite à conserver le pouvoir, hargne  qui a paru plus malsaine encore et quelque peu suspecte d’anti-démocratie. Le sortant qui a osé s’avancer au bord du gouffre ne s’est pas non plus privé d’utiliser les moyens de l’Etat pour conforter sa propagande ce qui pose le problème institutionnel du président-candidat.

La victoire n’en est que plus belle et le libre-arbitre du corps électoral que plus réconfortant.

Attention pourtant de ne pas laisser s’effriter ce dernier. La démocratie, pas plus que la raison ne résistent à la misère. Ventre affamé n’a point d’oreille si ce n’est en direction des idées simples des extrémistes.

Aujourd’hui que le  plus gros est fait, c’est l’essentiel qui reste à faire : rétablir un équilibre dans notre société abimée par un manque de justice,  de solidarité, auquel il faut ajouter le défaut de tolérance.

Il ya des catégories sociales qui peuvent attendre, malgré la crise, d’autres qui ne le peuvent plus. Si l’on veut prendre soin de considérer certains scores à plus de 72% en faveur de François Hollande, y compris dans la plupart des départements et territoires d’outre-mer, on conviendra que, plus que des votes d’adhésion, ils sont de véritables appels au secours. Et je ne parle pas de ce peuple qui loge dans les cartons, de celui des files d’attentes des restos du cœur, de tous les pommés à qui il ne reste même plus la conscience d’être des citoyens français.

Aujourd’hui c’est le printemps, mais l’hiver arrive vite. La misère, c’est en hiver qu’elle prend son vrai visage. L’urgence est là. D’abord le combat contre ce qui nous fait honte.

 

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