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09 avril 2012

Rester couvert, en prévision d'orage.

L’amphi de Sciences Po est bondé d’étudiants qui, visiblement, attendent avec gourmandise un évènement important.

Soudain une responsable de la manifestation monte sur l’estrade et, micro à la main, pas tout à fait surprise, pas tout à fait désappointée, annonce sous les sifflets, en termes pourtant choisis, que le candidat Nicolas Sarkozy annulait sa venue.

La raison pour le moins scabreuse et les excuses avancées du bout des lèvres, sentaient la tartufferie du plus mauvais effet.

L’équipe de sécurité avait estimé, paraît-il, que les conditions n’étaient pas réunies pour que l’échange projeté entre le Président-candidat et les étudiants de Sciences Po, puisse se dérouler dans un climat serein, voire exempt de tout danger.

On savait Nicolas à la traîne de l’autoritaire Angéla Merkel, on ne pouvait se douter qu’il le fût à ce point de son service de sécurité.

C’est la pauvre Nathalie Kosciusko-Morizet, soudain sortie de sa boîte de Pandore, qui a essuyé les plâtres dans un vacarme assourdissant. Pour elle aussi pourtant, s’il y avait eu un risque, il était le même. Là encore on ne pouvait savoir, que dans l’optique du vibrionnant candidat, les femmes, en politique comme à la maison, ne servaient qu’à faire le ménage.

La vérité est que, depuis 5 ans, le Président Sarkozy vit dans la peur maladive des manifestations à l’encontre de son impopularité. Et s’il s’est laissé surprendre lors de sa récente visite à Bayonne, ce ne pouvait être que l’exception qui confirmait la règle.

N’avez-vous pas remarqué que, lors des manifestations sportives de haut niveau, des matches de finale de coupe, de championnat, de tournois internationaux, le chef de l’état n’a jamais mis les pieds sur une pelouse pour se faire présenter les joueurs ? Il reste sagement assis dans sa loge, suffisamment en retrait pour éviter les mécontents, suffisamment en vue pour être filmé par la télévision.

Tous ses prédécesseurs, comme les hautes autorités des autres pays, ont pourtant, sans s’attirer le moindre sifflet, presque toujours sacrifié à cette sympathique tradition d’encouragement aux équipes qui vont s’affronter.

Ne cherchons pas ailleurs : l’homme a une peur bleue de la « bronca ».

Une chose est de jouer les matamores dans un studio climatisé, autre chose est d’affronter la foule, sa violence, son inconstance et quelquefois sa stupidité. Une chose est, derrière un cordon de sécurité, de promettre le karcher pour nettoyer la « racaille », autre chose est d’aller dans les banlieues se rendre compte des réalités du terrain.

Il y a bien dans notre belle République des parcelles de territoire que l’ineffable Président candidat s’interdit, pour ne pas dire qu’elles lui sont interdites. Un comble pour un Président sortant ! Pourtant, les coups de sifflets, ça n’est pas méchant ! Oui, mais voila ! ça fait toujours très mal aux oreilles hyper sensibles.

La devise du courageux est simple : En prévision d’orage, mieux vaut rester aux abris, bien couvert.

22:37 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

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