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07 mars 2012

Paradoxalement...presque...

 Il y a un paradoxe presque comique, en tout cas fortement révélateur, dans les propos du candidat Sarkozy l’autre soir à l’émission si bien nommée : « Des paroles et des actes ».

Le voilà en train de dégoiser sans délicatesse sur son rival Hollande, l’accusant de  n’être pas suffisamment expérimenté pour exercer la fonction suprême, alors que lui-même avoue presque avec candeur, qu’en 2007, il n’était pas prêt psychologiquement à exercer sa charge de Président de la République.

 Comment interpréter autrement sa repentance sur ses erreurs que désormais il reconnaît et dont il s’excuse presque pathétiquement. Il n’avait pas vu, il ne s’était pas rendu compte, il n’avait pas pensé, il n’avait pas mesuré la portée de ce qu’il faisait. On a eu l’impression d’écouter la confession de Blanche Neige qui aurait pas mégarde chaussé les bottes de sept lieues du Chat Botté. On frémit presque de l’inconséquence et de la légèreté d’un tel homme qui possède pourtant le pouvoir de déclencher le feu nucléaire car plus que sous forme d’erreurs, les Français ont vécu cela comme une atteinte à la fonction chargée de les représenter, tant sur la scène nationale que sur la scène internationale. Cela d’ailleurs, jusque devant l’urne, ils ne le lui pardonneront pas.

J’ajoute qu’à mon avis il manquait alors à Sarkozy, un cours d’instruction civique ou tout au moins de droit constitutionnel qui lui aurait défini réellement le rôle du Président de la Vème République tel que l’a voulue la Constitution de 1958. Cela nous aurait évité le spectacle d’un chien fou qui se lance à corps perdu. A cet égard, une phrase que je cite de mémoire est cruellement révélatrice de cette immaturité politique : « je me mettais en avant pour protéger mes ministres ». C’est une erreur que même le maire de Clochemerle n’aurait pas commise.

Autre inexpérience qu’en cinq ans de pouvoir il n’a toujours pas acquise : la possibilité de débattre et d’accepter la contradiction avec élégance, face aux journalistes surtout. Le présentateur, le même qui l’a interviewé à l’Elysée, lui a d’ailleurs donné le coup de pied de l’âne en  faisant remarquer qu’en cinq ans il n’avait jamais débattu avec un contre pouvoir. Ce défaut de maîtrise a crevé l’écran. Tendu, vindicatif, cassant, il a presque avoué que son tempérament le portait à un manque de retenue.

Plus à l’aise vis-à-vis de Laurent Fabius et normalement agressif, il n’a pu cependant résister à la tentation de descendre au niveau du trottoir, colportant à propos de Hollande des ragots de couloir, des phrases d’éléphants meurtris, comme il en existe au soir de toutes les confrontations politiques.

Là encore on retrouve un homme qui, par manque de hauteur et d’humanisme révèle son esprit boutiquier.

Toute la campagne d’ailleurs, orchestrée par Guéant, a cette odeur de vase retournée.

 Alors, tout à fait paradoxalement cette fois, il faut que ce soit François Hollande, le candidat dit inexpérimenté, qui appelle solennellement au calme, au respect, à la décence, à la mesure.

France ! le 6 mai… Quelle sera ta victoire ?

 

 

 

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