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03 mars 2012

Pas de chance et trop de mots.

Les jeux sont faits, la droite la plus bête du monde a choisi de miser sur son oiseau le plus déplumé, celui qui agite encore ses ailes et donne l’illusion, en brassant du vent, de produire du mouvement.

Elle suivra Sarkozy et non pas Bayrou. Elle n’a pas eu, elle n’aura plus, le réflexe intelligent qui pouvait la sauver. Ce sera la dernière victoire de Sarkozy d’avoir verrouillé les portes de son camp afin d’éviter la fuite de ses partisans.

Il y gagne quelques points dans les sondages, mais il y perd de son crédit à trop se réclamer du camp réactionnaire. Ainsi il apparaît chaque jour un peu plus le candidat des riches, le candidat d’une France maurassienne, à la limite intégriste, qui refuse, sous des prétextes essentiellement religieux, les réformesque notre société moderne attend.

Paradoxalement les quelques points qu’il glane ici où là à la faveur des défections, sont pour lui une mauvaise nouvelle, car ils signifient l’adhésion des voix les plus frileuses et les plus rétrogrades du corps électoral au détriment de celles qui se tournent vers l’avenir.

J’ose avancer que, sauf évènement exceptionnel, tel le déclanchement des hostilités entre l’Etat d’Israël et l’Iran qui provoquerait une panique dont il pourrait tirer profit, Sarkozy a perdu.

Il a perdu pour deux raisons : La première tient au manque de chance, la seconde au manque d’armes efficaces pour mener une campagne victorieuse.

La première raison, et là je risque de surprendre plus d’un lecteur, est que Sarkozy n’a pas en face de lui le candidat socialiste qu’il aurait pu battre malgré son bilan catastrophique. Il s’avère de plus en plus que le candidat socialiste le plus fragile et le plus susceptible d’être battu, mais sur un autre terrain, était bien DSK ; car plus qu’un adversaire, il représentait un véritable réservoir de scandales qu’on aurait pu faire exploser en pleine campagne électorale. Arrivée deux mois trop tôt avant les primaires, l’affaire du Carlton a, en quelque sorte, coupé l’herbe sous les pieds de la majorité.

La seconde raison est que, à moins de se faire mitrailler de tous les côtés, Nicolas Sarkozy ne peut présenter un bilan sincère et véritable. Il ne peut même plus présenter un programme structuré en liaison avec son bilan, sous peine de s’entendre rétorquer : « Pourquoi cela n’a pas été fait plus tôt ! »

Pour se battre, il ne lui reste que les mots. Les siens propres plus ou moins vides de sens, plus ou moins malheureux ou ceux de Guéant aux effets déplorables. Des mots auxquels personne ne croit plus par habitude. Il suffit de suivre un tantinet la campagne pour constater que, jusque là, elle ne se fait pas sur des idées mais sur des noms d’oiseaux.

Or, à ce jeu là, même dans un débat télévisé, Sarkozy ne peut inverser la tendance car il aura en face de lui un redoutable bretteur passé maître dans le maniement de l’ironie qui tue, qui montre une connaissance parfaite de ses dossiers et sait ménager plus que lui ses effets d’annonce.

De toute évidence François Hollande, non seulement a préparé sérieusement son programme, mais surtout il a minutieusement étudié son adversaire dont il connaît et exploite tous les défauts. Cela lui permet de se coller à lui au point de l’empêcher de respirer en plein milieu de la piste.

Brocardé pour sa mollesse, son irrésolution, Hollande sorti du bois est devenu un sujet coriace au coup de pédale meurtrier. Il peut même, en ne répondant pas aux propos excessif qui le visent,se payer le luxe de faire roue-libre sur son pédalo pendant que son adversaire s’agite et se noie.

22:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : campagne, droite, sarkozy, hollande, dsk

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