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29 janvier 2012

Le perroquet.

 

On se souvient du célèbre sketch de Fernand Raynaud. En l’absence de sa patronne, un perroquet reste enfermé dans l’appartement. Un plombier venu à l’improviste guérir la fuite d’un robinet frappe à la porte.

-Qui c’est ? demande le perroquet bien dressé.

- C’est le plombier ! répond l’autre.

-Qui c’est ?...

-C’est le plombier ! …

 Et ainsi de suite jusqu’à ce que le plombier « pète un plomb ».

Dimanche soir, tous les citoyens de ce pays vont avoir droit au perroquet.

-Qui c’est ?...

-C’est le Président Sarkozy !   Chaîne 1

-Qui c’est ?...

- C’est le Président Sarkozy ! Chaîne 2

Et ainsi de suite… à l’écran des huit chaînes…

Il n’y a guère que la chaîne météo qui ne soit pas mobilisée. C’est fort dommage, nous aurions su si le temps du mois de mai était bien le temps des cerises.

A moins d’éteindre sa télé et de se coucher comme les poules, impossible d’y échapper, surtout que depuis ce matin les annonces se répètent en boucle chaque quart d’heure  dans les médias.

Allons- nous « péter les plombs » ?

 Gardons la tête froide. Il vaut mieux se réserver pour, dès le premier tour, « péter un câble » : celui qui nous relie à un régime insupportable.

En vérité ce régime achève ce cycle de cinq ans, comme il a commencé, c'est-à-dire dans la démesure et le mépris des fondements républicains. On a taxé d’exagérations la critique de l’épisode du yacht  Bolloré, de l’installation d’une vulgarité endémique dans la fonction, de l’utilisation de la représentation nationale pour flatter un ego. Mais tout se tient et le déferlement médiatique voulu, organisé, imposé, par la présidence de la République aux frais du téléspectateur, procède du même état d’esprit de démesure.

Jamais, même au moment de leurs pires erreurs, depuis de Gaulle, qu’il s’agisse de la cellule Elyséenne de Mitterrand ou des manœuvres douteuses de Chirac, aucun président n’avait confisqué avec autant d’arrogance les instruments du pouvoir pour une campagne électorale qui ne dit pas son nom.

Ce qui se passe est une honte.

Mais les Français ont quelque clairvoyance. Ils savent qu’on peut plumer ou clouer le bec à un insupportable perroquet. De toute façon, il y a fort à parier que, sur une frange non négligeable de l’électorat, les paroles de Sarkozy vont glisser comme des gouttes d’eau sur les plumes. Guy Bedos, d’une phrase, a défini la pensée hautement philosophique de cette frange-là :

« Pour virer Sarkozy de l’Elysée, je suis prêt à voter pour une chèvre... »

 

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