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23 janvier 2012

La cécité des guetteurs.

La majorité présidentielle s’est vantée récemment de mettre en place une cellule d’observation et de riposte chargée de réagir à l’instant aux propos du candidat-adversaire. Le premier dans son collimateur étant bien entendu François Hollande. Peine perdue. Soit que ces aiguilleurs du ciel politique aient eu leurs appareils brouillés par des ondes mystérieuses, soient qu’ils aient été frappés de cécité, la surprise a été totale. Aussi, pour réagir au discours de Hollande, dimanche soir, il n’y a eu que la pâle et inconnue Valérie Rosso-Debord à venir réciter quelques fadaises, plus contente d’ailleurs de damer le pion à Nadine Morano son ennemie intime, que de se montrer efficace. Sinon, silence dans l’observatoire.

Cela fait deux fois que l’équipe à Sarkozy se fait surprendre. Ce n’est pas un bon signe pour elle, car, comme dit le proverbe : « Jamais deux sans trois… ». La troisième fois pouvant se situer dans quatre vingt dix jours.

Le premier effet de surprise fut pour le résultat des primaires. L’UMP avait escompté une joyeuse pagaille, un profond déchirement des « camarades » et par voie de conséquence un lourd désenchantement de l’électorat de gauche. Ce fut exactement le contraire qui se produisit.

Le deuxième effet de surprise est la conséquence directe de la sous-estimation de l’adversaire. A trop attacher de l’importance à la caricature, on finit par la confondre avec la réalité. « Flanby », « Fraise des bois », « La gauche molle », « éléphanteau », autant de surnoms dont on accablait  Hollande et dont on faisait des gorges chaudes aussi bien dans la majorité que chez ses bons amis du PS d’ailleurs. Mais cela tourne finalement à la fable du « Lièvre et la Tortue ». Hollande vient de loin, à pas comptés, il se « hâte lentement » et, contre toute attente, soudain il accélère. Et le lièvre distrait ne l’a pas vu venir.

On ne sait, dans la mesure où le scrutin de mai peut lui être favorable, si Hollande se prépare à être un bon président, mais ce qu’on peut dire en ce début de campagne,  c’est qu’il a montré jusque là les qualités d’un fin tacticien et d’un habile manœuvrier politique. Et le plus important me semble-t-il,  n’est pas que dimanche, il ait roulé ses adversaires de droite dans la farine, mais qu’il se soit posé, vis-à-vis de ses rancuniers rivaux du PS, en leader incontestable et incontesté.  Et même si quelques sourires en coin persistent encore chez les camarades, ils ne vont pas tarder à s’effacer…dans l’espoir de moins en moins improbable de l’obtention d’un maroquin, sans doute.

A l’UMP on a déjà perdu le sourire, mais pas pour les mêmes raisons.

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