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10 janvier 2012

L'astreinte en rase "campagne".

L’astreinte est, pour une certaine catégorie de fonctionnaires ou d’agents de sécurité, une obligation légale de travailler ou d’être présent à son poste en cas de catastrophe annoncée ou même de catastrophe imprévisible.

Très bien pour notre sécurité et pour la qualité de notre sommeil.

Mais moi, depuis mon observatoire, qui ne dors que d’un œil ou, si vous préférez, que d’une oreille, j’écoute les murmures de cette campagne électorale  largement engagée. Et parmi tous ces murmures, j’en relève un dont j’ai la faiblesse de croire qu’il est particulièrement malveillant.

Il se murmure de plus en plus, dans les services de l’Etat, que, depuis quelque temps, les obligations de l’astreinte  légale se sont singulièrement élargies. Ceci semble-t-il, afin de faire obstacle à une catastrophe annoncée par les gens de mauvais goût : catastrophe qui pourtant n’a rien à voir avec notre sécurité (certains diraient : bien au contraire), à savoir la défaite de Nicolas Sarkozy.

Il n’y a que les autruches, la tête bien enfoncée dans le sable, pour ne pas se rendre compte que le Président sortant est en campagne et, malheureusement, en toute légalité, aux frais du contribuable.

Choisissant chaque semaine, ou presque, un thème particulièrement ciblé en fonction certainement des sondages et de l’humeur supposée du pays, il visite  préfectures, sous-préfectures, ateliers prestigieux tel Rossignol, et partout sentencieux et grave et prophétique, il délivre la bonne parole sans oublier le coup d’épingle à son adversaire le plus sérieux. Il s’adresse même à Jeanne, la bonne Lorraine, qui jadis entendit des voix, avec le secret espoir, que cinq cents ans plus tard, elle lui en rapporte au centuple…des voix.

Il est pourtant un peu gêné aux entournures. Il ne faut pas que ce soit trop voyant, sinon même les autruches pourraient s’en apercevoir. Il ne peut chaque fois faire le coup de Toulon où, acheminés par cars entiers, les militants UMP vinrent écouter son discours, serrer les rangs et faire la claque.

Malgré tout, lors des déplacements, il faut remplir les salles. C’est ici, selon les murmures malveillants, qu’intervient la nouvelle astreinte. Dans le lieu visité, tous les chefs de service, directeurs, sous-directeurs et adjoints des sous-directeurs, principaux de collèges etc.., se plaignent d’être instamment priés d’être présents même s’ils n’en ont pas envie ou s’ils n’en voient pas la nécessité puisqu’ils sont certains qu’on ne les consultera pas. On raclerait ainsi tous les fonds de bureaux et on disposerait  tout ce joli monde en tapisserie pour cacher le vide de l’arrière. Et si l’attente du prestigieux visiteur est  longue et pénible, impossible de s’asseoir, car on a oublié de disposer des chaises. « Oublié » n’est pas le terme exact, disent les râleurs, car il y aurait astuce sous roche. Quand on attend 2000 personnes et qu’il n’en vient que 500, cela dispense au moins la presse d’information de compter, en toute objectivité, les chaises vides.

Pourtant à Toulon,  les militants UMP d’astreinte étaient tous assis. Ce doit être l’effet de la discrimination positive.

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