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08 décembre 2011

Prenez de l'eau tiède et abêtissez-vous!

 

La règle d’or existe déjà. Le traité de Maastricht précise que les Etats s’engagent budgétairement, sous peine de pénalités, à ne pas dépasser un déficit annuel de 3%. Mais cette règle  d’or et de prudence devint vite une règle de plomb. A partir de là, Chirac, quelque peu gêné aux entournures, n’eut de cesse qu’il n’ait obtenu auprès des instances européennes une dérogation pour transgresser cette règle. La brèche était  ouverte ; bien des états s’y engouffrèrent et, comme de bien entendu, cette transgression  devint elle-même la règle d’une mauvaise habitude.

Le résultat coulait de source. Il faut dire que, séduit par la facilité, notre bon pays gaulois, y est allé joyeusement.

En 2007 notre dette s’élevait à 1211 milliards (déjà presque le double de celle de 1995) et représentait 64% de notre PIB (le Produit Intérieur Brut est, pour faire simple, la richesse produite par un pays dans l’année).

A la fin du premier trimestre 2011, c’est une dette d’embonpoint qui s’affiche au compteur : 1646 milliards soit, désormais, 84,5% de ce que nous produisons.

Le président pourra donc inscrire sur son chapeau napoléonien, à l’orée de sa campagne  électorale: Supplément de la dette de mon quinquennat= 500 milliards d’euros. A chacun son Waterloo.

Il ne nous reste plus en fin de compte qu’à mettre en gage nos bijoux de famille chez « Ma Tante »*.

Sauf que le dernier des imbéciles vous dirait que toute échelle à un nombre défini de barreaux  et qu’au sommet de l’échelle se trouve toujours un dernier barreau. Alors, de deux chose l’une, ou bien on redescend avec prudence, ou bien, à vouloir s’entêter à grimper plus haut, forcément on finit par dégringoler.

C’est, je crois, ce que notre Grand Equilibriste est sur le point de faire, vigoureusement aidé en cela par une mégère pas du tout apprivoisée qui, rendons lui cette justice, est plus préoccupée de son propre équilibre que d’un rêve « d’anschluss ».

Nicolas Sarkozy et Angéla Merkel forment un beau couple, se rengorge la presse de droite. Attention !  Selon un vieux proverbe populaire, « quand il pleut le jour des noces, bientôt les époux se rossent ». Or, depuis quelque temps, il pleut sans discontinuer et l’orage n’arrête pas de gronder. Alors la question se pose : Quel est celui des deux qui rosse l’autre ?

La mine réjouie et le sourire un tantinet narquois d’Angela ne sont pas les signes de la femme battue. Est-elle allé pour autant jusqu’à retrousser ses manches ? Non ! Car il lui suffit de dire : nein ! Chacun pour soi.

Nicolas s’apprêtait déjà à saisir comme une bouée de sauvetage la Banque Centrale Européenne. Une banque est là pour prêter de l’argent. Oui, mais voilà, (l’épine est de taille), si la Banque Centrale Européenne a le droit de prêter aux spéculateurs au taux merveilleux de 1%, il lui est interdit de prêter directement aux états. Résultat : les spéculateurs se gavent tandis que les états tirent la langue. Le système est stupide, mais il est inscrit dans un traité.

Si la BCE était autorisée à prêter aux états ou à racheter leurs dettes on coupe le circuit de la spéculation, on rassure les marchés, on stabilise les économies défaillantes et l’on sauve sa note d’excellence. Bien sûr la BCE, ne pouvant couvrir toutes les faillites, se devrait de fabriquer de la monnaie de singe et donc le risque serait grand que la planche à billets s’emballe et que coure l’inflation. C’est ce qui pousse Angela à dire « non ! » avec une ténacité de mule.

C’est bien là l’échec de Nicolas Sarkozy, qui n’a pas su arracher la bonne décision. Alors comme toujours, pour masquer une défaite, on monte un décorde théâtre, on fait donner trompettes et tambours, tandis qu’aux cuisines on réchauffe le plat d’un vieil accord à l’eau tiède pour abêtir le peuple.

On peut parier pourtant que certains vont en sortir échaudés. 

 

*Ma Tante :  Nom familier donné au Crédit Municipal, organisme prêteur sur gages.

 

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