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02 décembre 2011

Il est en rade.

Quand un homme politique n’a plus rien à dire, il fait un discours, généralement écrit par quelqu’un d’autre ; quand les électeurs se détournent de lui, il appelle la claque  pour se faire applaudir dans un meeting monstre ; quand son étoile pâlit au point de s’éteindre, il troque son habit de président pour celui de candidat.

Encore une fois il espère tromper les citoyens par des mots. Mais les mots n’ont plus cours et il est trop tard désormais pour songer aux actes. Trop tard aussi pour maquiller les insuffisances et les erreurs.

C’est une banalité que de dire que le pouvoir isole. Entre des conseillers technocrates nourris de théories, des ambitieux qui se disputent les places, des flatteurs en tous genres, le Président ne voit plus ou ne veut plus voir les réalités. Il vit depuis trop longtemps dans le monde virtuel de sa bulle élyséenne. Le mal est encore plus grave quand on a affaire à un homme d’état qui a passé cinq ans à regarder son nombril. Chaque fois qu’il dit « je », ce n’est pas à sa fonction qu’il fait référence, mais à son ego.

Mais le temps a passé vite, plus vite qu’il ne l’aurait certainement voulu. Alors l’angoisse monte et un début de panique semble s’installer à travers une communication ratée, outrancière dont chaque point est démenti au fil de l’actualité.

« Je suis contre le vote des étrangers ! » Or, dès le lendemain, dans un sondage, 60% des Français se prononcent pour ce vote. Comment peut-on être à ce point en déphasage avec l’opinion? En vérité Sarkozy en est réduit à ramasser les miettes d’une droite radicale, à recruter dans son propre camp la clientèle perdue. C’est pour cela qu’il remonte quelque peu dans les sondages. Ce n’est là qu’une progression « interne » peu significative d’une tendance.

En 2007, au lendemain de sa victoire, Sarkozy aurait dû se débarrasser de son conseiller Gaino. Le talent de ce dernier n’est pas en cause, mais il est l’homme d’une campagne sans être forcément un conseiller de gouvernement. Pendant cinq ans il aura entretenu son patron dans l’illusion que les mots ont plus de force que les actes et plus d’impact sur l’opinion que les résultats.

Maintenant le procédé est usé, il sonne creux, il sonne faux. Les promesses mirobolantes, les envolées lyriques, les phrases d’aujourd’hui contre celles d’hier, tout cela sent trop la grosse ficelle. Les Français le savent. Avant de juger un bilan, ils ont jugé un style. A mon avis l’élection se fera plus sur un rejet personnel que sur une comparaison d’idées.

Mitterrand disait en son temps de l’équipe de Giscard d’Estaing : « La France ne les aime pas, la France les supporte ».

On pourrait reprendre cette formule en ajoutant : « La France se résigne encore quelques mois. »

Toulon II peut bien contredire Toulon I. Il n’est pas de choix plus malheureux d’un lieu qu’on voulait si emblématique, pour suggérer aux esprits ironiques que le Président est en rade. Comme dirait un psychologue : « Encore un acte manqué ! »

 

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