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23 novembre 2011

La source.

 Le « socialisme » est un courant de pensée que l’on mêle à toutes les sauces, que l’on conjugue à tous les temps, que l’on utilise à tout propos. S’il n’y avait pas dans notre histoire autant de luttes menées, autant de sacrifices consentis en son nom, je serais tenté de dire qu’il y a aujourd’hui autant de socialismes qu’il y a d’hommes qui s’en réclament. 

Pour aller jusqu’au bout de ma pensée, le socialisme ne me semble plus prôné comme éthique, mais essentiellement utilisé à des conquêtes, à des fins de pouvoir. Il n’est plus l’espoir suprême des laissés pour compte de notre société, il n’est plus la petite lumière qui jadis guidait et motivait le monde ouvrier. Il n’est plus le rêve du monde meilleur mais du moins pire des mondes. Comment s’étonner donc que ceux qui ont le plus besoin de lui, le quittent ou s’en éloignent. 

Hier, tard dans la nuit, une petite voix s’est éteinte, comme une source se tarit, discrètement, par peur de nous déranger. 

Danielle Mitterrand s’en est allée rejoindre peut-être le pays idéal de ses pensées  aussi furtivement qu’elle a mené ses combats. Et j’ai bien peur qu’ait disparue, la vraie socialiste du couple Mitterrand, celle des deux qui soit restée près de la source. Il était l’ombre, occupé aux affaires de ce monde, à ses compromissions, à ses renoncements, voire à ses reniements ; marchant à ses côtés elle était la lumière, celle qui tenait à rappeler, à lui rappeler sans concession, l’idéal commun qui les avait portés. 

« Je ne serai pas une potiche ! » avait-elle affirmé, signifiant par là qu’elle tenait à assumer son rôle, à appliquer entièrement et avec force ses idées puisque le destin lui en donnait les moyens. 

Alors pendant que François, par obligation protocolaire, se voyait contraint de serrer la main de quelques dictateurs, elle, courait à la rencontre des déshérités de la planète. Non par esprit de charité, mais par esprit de combat. Selon le principe biblique elle n’apportait pas le poisson, mais voulait apprendre à tous à pêcher. 

Petite, si fluette qu’une saute de vent pouvait la renverser, elle a pourtant tenu tête à bien des tempêtes avec une dignité dont elle ne s’est  jamais départie ; avec son sourire bienveillant et ses yeux d’enfant elle a combattu les injustices avec une énergie aussi tenace que constante. Il y avait à la fois de l’abbé Pierre et du Gandhi en elle. 

Voilà déjà près de vingt cinq ans, nous avions eu le privilège, lors d’une visite impromptue au village, de la recevoir en mairie, de nous entretenir avec elle pendant quelques heures. Ce qui frappait avant tout c’était sa simplicité et sa candeur. Non la candeur des naïfs, mais la candeur de la source, celle qui croit aux valeurs universelles dans l’espoir d’un monde meilleur. 

Une grande dame !... non ! Une vraie Dame !

 

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