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16 novembre 2011

Les auxiliaires...et les titulaires.

Surtout depuis l’institution de la cinquième République, une habitude a été prise, qui n’est pas saine démocratiquement : celle de donner le pouvoir à des gens qui n’ont pas été élus.

Il me paraît de la simple honnêteté, vis à vis des électeurs, que seuls soient aux commandes ceux qui ont conquis les suffrages. Et si les conseillers techniques sont nécessaires et même indispensables auprès des décideurs, qu’ils aient au moins la décence de s’effacer ou de rester dans leurs bureaux. Un auxiliaire peut être utile au titulaire sans pour autant se substituer à lui.

Il est anormal qu’un certain Monsieur Henri Guaino, quel que soit du reste son talent d’accommoder les phrases, se répande dans toutes les télés, en lieu et place du Président de la République, pour distiller très officiellement sa langue de bois. Il est payé par la République, même si c’est dans le cadre d’un cabinet politique, pour préparer les dossiers  sensibles, non pour se transformer en agent électoral ouvertement mandaté.

Il est tout aussi inadmissible que Monsieur Claude Guéant, Préfet de son état, nommé secrétaire général de l’Elysée, devienne d’un coup de baguette magique ministre de l’intérieur, en toute irresponsabilité démocratique. Lui  n’a aucun compte à rendre au suffrage universel. S’il  rend des comptes, c’est à son maître et à lui seul. Il peut être viré, mais ne sera pas battu. Il pourra, en cas de contretemps, regagner tranquillement  ses pantoufles sans être même obligé de fournir un bilan de ses activités. Avouez que dans une République héritière de la Révolution ça fait un peu second Empire.

On a jadis connu le cas de Dominique de Villepin. On a pu voir quelle tragi-comédie cela a donné. Et pour corser le tout, ce Monsieur qui donne à tous de belles leçons, est à deux doigts de retourner sa veste…pour éviter les risques d’une élection ratée.

Peu de gens s'en doutent, nous avons le revers de la médaille de cette pratique. Aujourd'hui, ce ne sont plus les politiques qui dirigent totalement la France, mais quelque part aussi, les agences de notation.

Mais le mal ne s’arrête plus à nos frontières. Il fait tâche d’huile et déborde chez nos voisins européens. Et là, c’est encore plus fort de café.

Les marchés financiers, sources de l’immense crise qui nous submerge, ont compris qu’ils ne sont plus en mesure de tirer les ficelles des hommes politiques ; ceux-ci sont trop soumis à la pression des peuples mécontents. Alors ils les évincent et les remplacent  par des gens à eux. Rien n’est plus sûr que d’avoir sous la main des commis qui vous comprennent. Entre initiés, on parle le même langage.

Lucas Papademos, en Grèce, propulsé premier Ministre, est un haut commis de la finance. Il a été successivement gouverneur de la Banque Centrale Grecque puis Vice président de la Banque Centrale Européenne. La Grèce va désormais être gouvernée à la machine à calculer et son parlement devra s’aligner, le doigt sur la couture du pantalon. C’est ça où le chaos.

En Italie, fini le Bunga-Bunga. Mario Ponti, dit super-Mario, n’a pas la tête à aimer les délices de Capoue. Ancien commissaire européen, ancien ministre technocrate dans des domaines aussi poétiques que le marché intérieur, les douanes et la fiscalité, il est totalement apolitique. Pas plus tard que ce soir du 16 novembre il donne un signe fort. Pas l’ombre d’un politique dans son gouvernement : à la justice une avocate, à l’armée un général et aux finances un ordinateur sans doute. Il va y avoir de la lie au fond de la coupe d’Asti.

Ainsi, d’un degré de plus l’Europe s’enfonce. Ce n’est plus de la folie, c’est du delirium.

Dirigeants de tous les pays, pincez-vous pour nous montrer que vous ne dormez pas ! Et si vous avez un peu le sens de vos responsabilités, analysez bien ce sage proverbe :

« Il ne faut pas compter sur les responsables d’un problème, pour le résoudre ».

Dans notre histoire, on a connu un temps où les auxiliaires sont devenus les titulaires. C’était l’époque de « Rois Fainéants » chassés finalement par leur premier ministre appelé alors Maire du Palais.

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