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05 novembre 2011

Offshore!

                                                

Le monde a changé. Il y a belle lurette qu’on ne dit plus la messe en latin. Si vous voulez être moderne, brillant en société et surtout féru en économie, il faut parler l'Anglais. Le Français, la langue des poètes, n’a plus cours. La poésie c’est ringard et ça ne rapporte rien.

On aurait dit jadis, de cet argent filou qui dérive vers les doux paradis fiscaux, « qu’il prend le large… ». Mais il faut dire adieu à la nostalgie des départs d’autrefois, à la tristesse des séparations, à la larme à l’œil  qu’on écrase pendant qu’on agite son mouchoir à l’adresse de ceux qui nous quittent.

Aujourd’hui cet argent qui prend le large pour voguer vers des cieux plus prometteurs, c’est de l’argent « offshore ». Offshore  qui « se fait la malle » joyeusement tandis que ceux qui restent à quai ont nettement l’impression d’être pris pour  des dindons.

Ainsi s’en va, « fluctuact nec mergitur » sans qu’on y puisse rien, le fruit du travail d’un pays, en route vers des destinations plus ou moins lointaines appelées « paradis fiscaux ».

On comprend que le Président de la République s’indigne et donne de la voix contre cette pratique  inadmissible et nous promette, sans délai, la suppression de ces destinations honteuses où financiers interlopes et hommes d’affaires véreux frétillent comme des canards dans une mare.

Ainsi, a-t-il déclaré martialement : - « les états qui tolèreront les paradis fiscaux seront mis au ban de la société ». On tremble !

Paroles de don Quichotte devant les moulins à vent. Vu le nombre de pays concernés, des plus petits aux plus lourds, il n’est pas dit que le « ban » ne ploie pas sous la charge.

La France… ! Comment la France possède des paradis fiscaux ?

Eh oui ! Et qui vont résister pour durer longtemps encore.

Voulez-vous un conseil avisé ? Si vous bénéficiez d’un revenu financier conséquent, d’un magot plus que rondelet, bref d’une fortune devant laquelle aucun bien ne résiste, allez vous faire voir en Polynésie française. Là-bas, pas d’impôt sur le revenu, pas d’ISF, pas de droit de succession. Que du bonheur ! Et avec cela des plages de rêve et un climat idéal. Si la Polynésie ne vous convient pas, Wallis-et-Futuna vous réserveront le même traitement. Voilà pour les deux principaux. (en grattant un peu, vous en trouverez des dizaines d’autres moins voyants, sans parler des niches).

Mais nous faisons pâle figure vis-à-vis de l’Angleterre qui possède plus de « paradis » qu’on ne compte de grains sur un chapelet. Comment mettre au ban de la société un pays qui a la main mise sur des îles-paradis aussi bien nommées que les îles Caïmans ?

Caïman égale crocodile. Et là, pour une fois, c’est en Français.

 

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