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03 novembre 2011

Ils nous le font bien voir...

 

A force de dire « Allez vous faire voir chez les Grecs », c’est eux qui nous le font voir. Et de la belle manière, celle qui prend tous les voyeurs à contrepied.

 Ils furent durant l’antiquité, tellement admirateurs des grâces masculines, qu’on leur a collé l’image historique que l’on sait. Difficile de se défaire d’une réputation, pour ainsi dire usurpée !

Plus trivialement, au bistrot du coin chacun pensait des Grecs : « Est-ce qu’ils en ont? » pendant que tous nos dirigeants (y compris notre Président-sauveur-de-la-planète) semblaient,  du bout des lèvres, faire une réponse à la Brassens : « Par bonheur, ils n’en avaient pas… ». Un peuple de gonzesses, incapable de surnager sans bouée de sauvetage dont les soldats de la garde portent des mini-jupes  et qui ne méritait pas  autre chose que de passer sous protectorat de l’Europe, voire de la Chine.

Quelle condescendance, quelle suffisance, quel paternalisme, quand Sarkozy nous a parlé l’autre soir des Grecs, cette nation qui est rentrée dans l’Europe avec des comptes truqués ! Lui, avec son génie de la clairvoyance, son expérience et sa science d’homme d’état, nous a-t-il soufflé à l’oreille, n’aurait jamais accepté ça.

Paroles bien imprudentes, qui en langage diplomatique sont l’équivalent de « casse-toi, pauvre con ! »

Et si en écoutant tant de morgue, les diplomates Grecs, pourtant rentrés chez eux pleins de bonnes intentions, avaient soudain pris la mouche et déclaré tout de go : « ça suffit ! On va les leur montrer ».

Voilà donc le candidat Sarkozy, triomphant et dominateur, à six moins de l’échéance fatidique, renvoyé dans ses filets comme un goal de division d’honneur. Le message s’est brouillé soudain sur son ardoise. Et quelques sourires narquois s’esquissent déjà. La fatigue qui marque son visage montre combien il s’épuise plus pour les équilibres de la haute finance qu’il ne s’est dépensé pour le sort du monde ouvrier.

Ce fut une belle panique, une panique presque comique : Papandréou  n’est pas un mou ! Inadmissible !

Un référendum, c’est une trahison, un déni de traité pourtant si bien ficelé !

A  peine remis de leur surprise et de leur émotion, les états donneurs de leçon réagissent. Un référendum ! d’accord puisqu’il est annoncé mais ils préviennent : c’est eux qui rédigeront la question posée au peuple!

Et tout ce joli monde qui sait pourtant s’asseoir sur tout référendum qui ne lui est pas favorables, de craindre au plus haut point celui proposé par Papandréou. Ce serait en cas de désaveu du traité de Bruxelles un véritable camouflet.

A l’heure où j’écris on ne sait si Papandréou persistera dans son intention. Il serait décevant que ce ne fût là de sa part qu’une manœuvre partisane dont l’expression démocratique ferait les frais.

Une fois de plus l’Europe montre à quel point elle est le reflet d’une comédie humaine avec ses incompétences, ses vanités, ses renoncements, ses lâchetés et ses vices.

Ce n’est pas parce que sur la « photo de famille », les chefs d’états se gonflent d’importance, qu’ils en paraissent plus à l’aise dans leurs petits souliers. Surtout Sarkozy, ravagé par la crainte que par effet « de domino », ses électeurs, dans six mois,  le prient d’aller se faire voir…et même pas chez les Grecs.

 

 

 

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